Au troisième trimestre 2025, l’inflation poursuit son reflux au Gabon. Selon les données du ministère de l’Économie, la hausse trimestrielle des prix s’établit à +0,5 %, après +0,6 % au trimestre précédent. En moyenne annuelle, l’inflation ressort à +1,6 % à fin septembre, contre +3,3 % un an plus tôt. Le mouvement est régulier depuis le début de l’année, porté par l’accalmie sur certains produits importés et par une demande intérieure plus modérée.
Dans les dépenses quotidiennes, l’effet est tangible. Pour un panier de consommation estimé à 100 000 fcfa, la hausse des prix atteint environ 1 600 fcfa, contre plus de 3 000 fcfa en 2024. La pression sur le pouvoir d’achat s’allège, notamment pour les ménages urbains, même si les disparités persistent selon les produits et les zones géographiques.
Cette évolution des prix n’a toutefois pas été accompagnée d’un redressement de l’activité. Loin de là. L’environnement international reste peu porteur, avec un ralentissement de la croissance mondiale et une baisse marquée des cours du pétrole. Pour une économie ouverte comme celle du Gabon, ces facteurs pèsent rapidement sur les exportations, les recettes publiques et la confiance des acteurs économiques.
Sur le plan interne, plusieurs secteurs accusent un net repli. Le BTP enregistre une contraction de -36,7 % sur neuf mois, pénalisé par la modération de la commande publique. L’agriculture de rente recule de -15,7 %, tandis que la production d’hydrocarbures poursuit sa baisse structurelle. Seules quelques branches, comme le bois ou les services financiers, limitent la dégradation d’ensemble.
La situation met ainsi en évidence un décalage persistant entre prix et activité. La détente inflationniste résulte davantage d’une demande contenue que d’un renforcement de l’offre productive. Dans ces conditions, la stabilité des prix ne suffit pas à relancer la croissance, en l’absence d’un moteur plus solide du côté de l’investissement et de la consommation.











