Si le Gabon peut se targuer de ne pas figurer dans le top 10 des pays les plus endettés auprès du FMI, ce satisfecit statistique cache une réalité plus sombre : le poids écrasant de la dette intérieure. Pour l’entrepreneur gabonais, le danger ne vient pas de Washington, mais des retards de paiement du Trésor public qui asphyxient les PME locales et freinent la création d’emplois.
Le « Club de Libreville » reste le thermomètre le plus fiable de notre économie réelle. En privilégiant parfois le remboursement de la dette extérieure pour maintenir sa note souveraine, l’État court le risque de sacrifier son tissu industriel national. C’est ici que se joue la véritable souveraineté. Un pays peut-il être fort si ses propres champions économiques sont maintenus sous perfusion par manque de liquidités?
L’absence de programme actif avec le FMI depuis 2018 a certes offert une marge de manœuvre politique, mais elle a aussi privé le pays d’un mécanisme de discipline budgétaire qui aurait pu accélérer l’apurement des arriérés intérieurs. Sans ce « gendarme » financier, la tentation de prioriser les dépenses de prestige au détriment de la dette due aux opérateurs locaux est constante.
Dans la loi de finances 2026, la soutenabilité de la dette ne doit donc pas être analysée sous le seul prisme des ratios internationaux. Le véritable défi est de transformer les ressources propres de l’État en un moteur de paiement fluide pour les entreprises qui construisent nos écoles et nos routes. Un État crédible commence par honorer ses factures à domicile avant de se soucier de son rang à l’international.
En définitive, sortir du « radar » du FMI est une victoire d’image, mais apurer la dette intérieure est une nécessité vitale. Le gouvernement de Transition est attendu sur sa capacité à redonner de l’air aux PME, car c’est à travers elles, et non par des prêts multilatéraux, que la croissance inclusive promise deviendra une réalité palpable pour les Gabonais.














