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Gabon : la loi de finances 2026 acte un durcissement budgétaire assumé

le coup de coeur

Promulguée le 30 décembre, la loi de finances 2026 du Gabon fixe le budget de l’État à 6 358,2 milliards de fcfa, dans un contexte de contraintes financières et de marges de manœuvre réduites. Le texte traduit une inflexion nette de la politique budgétaire, marquée par une recherche prioritaire de crédibilité et de soutenabilité, plutôt que par une logique de soutien conjoncturel.

La structure des recettes traduit ce choix. Les recettes fiscales sont projetées à 2 380,1 milliards de fcfa, contre 1 768,2 milliards en 2025, soit une progression de près de 35 % sur un an. L’effort repose moins sur une hausse des taux que sur une amélioration du rendement, via la réduction des exonérations, le renforcement des contrôles et la digitalisation accrue des procédures fiscales et douanières.

En parallèle, la contrainte de la dette s’accentue. Les charges financières atteignent 419,8 milliards de fcfa en 2026, contre 349,5 milliards l’année précédente, confirmant la hausse du coût du refinancement dans un environnement régional plus tendu. Cette dynamique limite la capacité de l’État à absorber des chocs sans arbitrages budgétaires sensibles.

La loi de finances reflète à ce stade, un déplacement du centre de gravité de la politique économique : la stabilisation des équilibres macroéconomiques prime désormais sur la relance par la dépense. Une approche qui rapproche Libreville des trajectoires observées dans plusieurs économies africaines confrontées à un durcissement des conditions de financement.

Reste néanmoins la question de l’exécution. La crédibilité du budget 2026 ne dépendra pas uniquement de ses équilibres affichés, mais beaucoup plus de la capacité de l’administration à mobiliser effectivement les recettes projetées, tout en maîtrisant des dépenses socialement et politiquement exposées. En d’autres termes, cette loi de finances 2026 sera un test pour savoir si le gouvernement sortira du “populisme” de ces deux dernières années comme l’avait souligné l’agence de notation Moodys.

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