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Gabon : la mercuriale existe, la mairie contrôle, la DGCCRF verbalise, mais les prix ne baissent pas, qui profite du désordre ?

Le maintien de prix élevés à la consommation malgré un arsenal réglementaire et des contrôles incessants est le symptôme d’un échec systémique. L’empilement des institutions (mairie, DGCC, ministères) crée une cacophonie administrative où la sanction devient une taxe supplémentaire pour le commerçant, répercutée in fine sur le client, plutôt qu’un outil de régulation.

Un désordre qui profite à l’informel

Le désordre profite avant tout aux intermédiaires de l’informel. Entre le déchargement au port d’Owendo et l’étal du marché de Mont-Bouët, une chaîne d’acteurs non identifiés capte des marges injustifiées. La complexité des circuits de distribution, combinée à une logistique défaillante, crée des rentes de situation que la simple fixation administrative des prix (mercuriale) ne peut briser.

La corruption dans la chaîne de contrôle est le deuxième bénéficiaire. Lorsque les contrôles sont perçus par les agents comme une opportunité de revenus personnels et par les commerçants comme un « droit de passage », l’efficacité de la loi s’annule. Le commerçant préfère payer une « amende informelle » et maintenir ses prix élevés plutôt que de se conformer à une mercuriale qui ne tient pas compte de ses coûts de revient réels.

Des pénuries artificielles pour forcer la hausse des prix

Il existe également une déconnexion entre la mercuriale et la réalité des stocks. Si les prix fixés par l’État ne permettent pas aux importateurs de couvrir leurs coûts (fret, change, stockage), ces derniers créent des pénuries artificielles pour forcer une hausse des prix. C’est un bras de fer permanent où le consommateur est l’otage d’une politique de prix qui ne s’attaque pas aux causes réelles de l’inflation : la dépendance aux importations.

LIRE AUSSI : Gabon : la « guerre des prix » perdue d’avance face aux commerçants?

Pour résoudre la crise de la vie chère, le Gabon doit passer du contrôle répressif à l’organisation de filières. Il faut simplifier la chaîne logistique, numériser les contrôles pour limiter les interactions humaines sources de corruption, et surtout soutenir la production locale. Tant que le pays importera sa nourriture, les prix seront dictés par le désordre du marché mondial et l’inefficacité des circuits locaux, au profit de quelques-uns.

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