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Gabon : la rigueur budgétaire, une promesse récurrente face à une exécution toujours fragile

le coup de coeur

Dans son discours du 31 décembre 2025, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a remis la rigueur budgétaire au centre du récit politique. « Chaque gestionnaire devra rendre compte, y compris devant la justice », a-t-il martelé, inscrivant son propos dans une logique de discipline et de rupture avec les pratiques passées. Un discours ferme, mais loin d’être inédit dans l’histoire budgétaire gabonaise.

L’année 2025 illustre pourtant les limites de cette ambition. Le service total de la dette s’est élevé à 2 059,2 milliards fcfa, contre une prévision initiale de 1 494,7 milliards fcfa, soit un dépassement de 564,5 milliards fcfa. Cette dérive est principalement liée aux opérations de refinancement sur le marché régional et aux charges imprévues de trésorerie selon la DGD.

Dans le détail, le service de la dette intérieure a atteint 1 341 milliards fcfa, contre 718 milliards fcfa pour la dette extérieure. Ce déséquilibre traduit un basculement structurel du financement de l’État vers les marchés régionaux, plus coûteux à court terme et plus exposés aux tensions de liquidité.

Cette situation rappelle les cycles précédents de rigueur annoncée, notamment en 2017 et 2019, lorsque la discipline budgétaire devait accompagner les programmes avec le FMI. Dans les faits, les ajustements ont souvent cédé face aux urgences sociales et politiques. À l’aube de 2026, la rigueur proclamée se heurte donc à une réalité arithmétique : tant que le budget restera dépendant d’emprunts massifs pour assurer son fonctionnement courant, la discipline restera plus déclarative qu’opérationnelle.

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