spot_img

Notre devoir, servir la vérité.

spot_img

Gabon : la “solution Todini” pour sortir du stress électrique ?

le coup de coeur

Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu en audience les responsables de l’entreprise italienne Todini, dans un contexte où la question énergétique reste l’un des principaux goulots d’étranglement de l’économie gabonaise. Les échanges ont porté sur les études en cours pour la relance des barrages hydroélectriques de Booué et de Tsengué-Lélédi, deux ouvrages stratégiques dont la capacité cumulée est estimée à 400 MW.

À l’échelle du système électrique national, ce chiffre est loin d’être anodin. La puissance actuellement disponible et réellement mobilisable reste insuffisante face à la demande, notamment en période de pointe, ce qui explique la récurrence des délestages et l’instabilité du réseau. À titre d’ordre de grandeur, 400 MW supplémentaires représenteraient un saut capacitaire majeur, susceptible de couvrir non seulement les besoins domestiques, mais aussi une part significative des projets industriels attendus dans les années à venir (mines, bois transformé, agro-industrie).

Le choix de remettre sur la table des infrastructures hydroélectriques structurantes traduit un changement d’approche. Plutôt que de multiplier les solutions d’appoint coûteuses (groupes thermiques, fuel, importations d’urgence), l’État semble privilégier des investissements lourds mais durables, capables de stabiliser le mix énergétique sur le long terme. L’hydroélectricité présente en outre un avantage budgétaire : une fois l’investissement initial amorti, les coûts d’exploitation restent relativement maîtrisés par rapport aux centrales thermiques.

Dans ce contexte, Todini apparaît comme un acteur technique susceptible d’apporter une expertise sur des ouvrages complexes, hérités de projets anciens restés inachevés ou sous-exploités. La phase actuelle d’études est déterminante : elle conditionne les coûts finaux, les délais de réalisation et la viabilité économique des barrages. Autrement dit, il ne s’agit pas encore d’une solution clé en main, mais d’une option structurante en cours de qualification.

Pour les ménages comme pour les entreprises, l’enjeu est concret. La relance de Booué et Tsengué-Lélédi pourrait, à terme, réduire la dépendance aux solutions de secours, limiter les coupures et améliorer la qualité du service. Pour l’industrie, elle constitue un prérequis à toute stratégie de transformation locale et d’attraction d’investissements. Sans électricité stable, compétitive et abondante, aucune politique industrielle crédible ne peut tenir.

Reste un point bloquant : le temps. Entre études, bouclage financier, travaux et mise en service, ce type de projet s’inscrit sur plusieurs années. La “solution Todini” ne supprimera donc pas immédiatement le stress électrique, mais elle pourrait en constituer l’un des piliers structurels, à condition que les décisions opérationnelles suivent rapidement et que la gouvernance du secteur énergétique soit alignée sur cet objectif de long terme.

spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img

Derniers Articles