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Gabon : l’annonce de la création d’un hôpital des AVC à Angondjé, «symptôme d’une politique sanitaire sans boussole» pour le Dr Iloko

le coup de coeur

L’annonce de la création d’un hôpital dédié aux accidents vasculaires cérébraux (AVC) à Angondjé, dans les anciens locaux de Gabon Télécom (Delta Postal), ne fait pas que des émules et a au contraire ravivé les critiques sur la gouvernance sanitaire. Dans une publication largement relayée, Dr Germain Iloko, candidat malheureux à la présidentielle d’avril 2025, estime que cette initiative n’a rien d’une avancée structurante. Il y voit au contraire « un aveu d’impréparation, d’amateurisme et d’errance stratégique au sommet de l’État », rappelant qu’un projet similaire annoncé à Ndjolé lors de la dernière campagne présidentielle n’a jamais été concrétisé.

Sur le fond, le Dr Iloko interroge la pertinence même du concept. « Pourquoi un hôpital entier pour les AVC ? », écrit-il, avant d’ajouter que « depuis quand une pathologie, aussi grave soit-elle, justifie à elle seule la création d’un hôpital autonome, dans un pays où les urgences médico-chirurgicales sont quasi inexistantes ? ». Pour lui, la mortalité observée ne relève pas d’un déficit de spécialisation, mais d’un enchaînement de défaillances structurelles : « les Gabonais ne meurent pas seulement d’AVC », souligne-t-il, évoquant l’absence d’urgences fonctionnelles, les retards de prise en charge, l’inexistence d’une assistance médicale efficace sur les lieux des accidents, la saturation des services et l’épuisement du personnel soignant.

La publication pointe également l’absence totale de fondement statistique public. « Aucune donnée publique sérieuse n’a été présentée », déplore le médecin, précisant qu’il n’existe « aucune étude épidémiologique transparente par âge, par sexe et par territoire, aucune analyse coût-efficacité ». Dans ces conditions, la décision relève selon lui « d’une décision idéologique et spectaculaire, pas sanitaire », et s’apparente à « une décision de vitrine, pas de salut public ».

Le choix d’Angondjé est qualifié de faute majeure. Le Dr Germain Iloko insiste sur le fait que « choisir le nord de Libreville, zone structurellement asphyxiée par les embouteillages, pour une urgence où chaque minute perdue tue, relève non plus de l’erreur, mais de l’inconscience ». Il balaie l’argument de la voie de contournement, rappelant qu’elle « n’a jamais fluidifié quoi que ce soit », et conclut sans détour : « on implante donc un hôpital d’urgence là où l’accès est chaotique : c’est un non-sens médical ».

Au-delà de la santé, la reconversion de Delta Postal est perçue comme un signal stratégique négatif. « À l’heure où le monde investit massivement dans le numérique, la souveraineté des données et l’intelligence artificielle, le Gabon choisit de démanteler l’un de ses symboles stratégiques », écrit-il, parlant d’une disparition opérée « sans débat public, sans justification, sans vision ». Après la Cité de la Démocratie, Delta Postal devient à ses yeux un nouvel exemple de table rase, révélateur d’« l’absence totale de conscience stratégique de l’État ».

Le Dr Germain Iloko estime au final que la Ve République « échoue précisément là où elle prétendait réussir », reproduisant les mêmes travers que par le passé : décisions verticales, culte de l’annonce, mépris de la planification, auxquels s’ajoutent désormais « l’improvisation et l’amateurisme érigés en mode de gouvernance ». En matière de santé publique, prévient-il, « ces fautes ne sont ni abstraites ni théoriques : elles tuent ».

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