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Gabon : le cri d’alerte d’une entrepreneuse révèle le vrai coût humain des impayés

le coup de coeur

Ce n’est pas un simple post de détresse. C’est un signal économique. Le témoignage viral d’une entrepreneuse gabonaise, étranglée par des impayés après avoir pourtant exécuté ses marchés, met en lumière une réalité largement tue : au Gabon, le risque majeur pour une petite entreprise n’est pas l’absence de travail, mais l’incertitude du paiement. Les prestations sont livrées, les charges engagées, les salaires dus. Mais la trésorerie, elle, ne suit pas. L’entreprise devient alors, malgré elle, la banque de ses donneurs d’ordre.

Le récit est précis et factuel. « Les véhicules ont pourtant été livrés, mais les paiements n’ont pas suivi », écrit-elle. Cette phrase résume à elle seule le cœur du problème : le décalage entre l’exécution économique et la reconnaissance financière. Pour continuer à fonctionner, l’entrepreneuse s’endette. « Pour payer d’autres personnes, je me suis endettée. Une dette a entraîné une autre ». C’est la mécanique classique d’un choc de trésorerie non absorbé où l’activité génère du chiffre d’affaires comptable, mais pas de liquidités réelles.

Lorsque le paiement n’arrive pas, le recours institutionnel se révèle tout aussi fragile. « J’ai porté plainte… mais elles sont trop importantes pour se rendre dans les commissariats », écrit-elle encore. Cette impuissance face à des débiteurs perçus comme intouchables souligne une défaillance centrale de l’environnement des affaires : l’inégalité d’accès à la justice économique. Le droit existe, mais son effectivité dépend du poids des parties en présence, ce qui transforme le contentieux en impasse pour les plus faibles.

À cette fragilité économique s’ajoutent la violence sociale et le stress. « Cette situation m’a fait perdre des relations, des amitiés », « mon inbox est saturé de menaces ». L’échec entrepreneurial, dans un pays où la protection sociale est limitée, devient rapidement un stigmate. La pression du regard, la peur de l’exposition publique et l’isolement aggravent une situation financière déjà critique. Ici, l’entreprise ne meurt pas seulement de dettes : elle s’effondre sous le poids du jugement.

Enfin, le post démonte un autre mythe : celui de l’entrepreneuriat comme choix de confort. « Je voulais juste m’en sortir », écrit-elle, rappelant les motivations premières : contribuer aux charges du foyer, financer la santé des enfants, rendre possibles des projets de vie. Ce cri d’alerte pose donc une question centrale pour l’économie gabonaise : peut-on durablement promouvoir l’entrepreneuriat sans sécuriser le paiement, l’exécution des contrats et la dignité de ceux qui prennent le risque ?

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