Le gouvernement gabonais a officiellement désigné le Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques (FGIS) comme mandataire exclusif de cinq Fonds stratégiques sectoriels, couvrant l’agriculture, l’énergie et l’eau, l’habitat, les infrastructures, ainsi que la pêche et l’aquaculture. Placé sous le contrôle du ministre de l’Économie, le FGIS se voit confier un rôle central dans la structuration, le pilotage et le déploiement des investissements publics, avec pour objectif de canaliser plus de 2 200 milliards de fcfa dès 2026 vers des secteurs jugés prioritaires pour la diversification économique et la création de valeur locale.
Si le FGIS apparaît comme le pilier de la stratégie de diversification, il fait face à des défis persistants, notamment 27 milliards de fcfa d’engagements financiers pressants, qui soulignent des tensions de liquidité et fragilisent sa capacité opérationnelle. Son portefeuille actuel est évalué à près de 1 150 milliards de fcfa, dont une partie est dédiée au soutien des PME via des lignes de garantie et des fonds sectoriels, mais les résultats tangibles restent limités, avec plusieurs projets livrés avec retard ou peu visibles pour le public.
Sur le plan opérationnel, le FGIS doit structurer les mécanismes de financement, mobiliser des partenaires techniques et financiers, et favoriser les partenariats public-privé. La centralisation de la gestion vise à améliorer la cohérence stratégique, la discipline budgétaire et la traçabilité des investissements. Des initiatives concrètes existent, comme la filiale Okoumé Capital qui a engagé plus de 1 milliard de fcfa pour soutenir des PME et la Société de Garantie du Gabon qui a mis à disposition 1 milliard de fcfa pour faciliter l’accès au crédit des petites entreprises.
Pourtant, malgré ces chiffres et cette ambition, le FGIS peine encore à démontrer qu’il peut transformer ces ressources en projets visibles et impactants pour l’économie gabonaise. Ses missions s’inscrivent dans un cadre ambitieux, mais sa performance passée interroge : comment assurer que les milliards mobilisés produisent des effets réels sur la diversification économique et le développement productif ?
Dès lors, peut-on réellement attendre d’un Fonds déjà confronté à 27 milliards de dettes qu’il devienne le moteur d’une politique publique ambitieuse et le garant de l’efficacité des investissements sectoriels, ou faudra-t-il encore renforcer sa gouvernance et sa capacité d’exécution pour que ses milliards produisent un impact concret sur le terrain ? Les prochains mois seront déterminants pour juger si cette centralisation permettra enfin de passer des promesses aux résultats tangibles.











