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Gabon : le grand écart entre le discours politique et la réalité des PME

le coup de coeur

Depuis plusieurs années, l’entrepreneuriat occupe une place centrale dans le discours public au Gabon. Banques dédiées aux PME, programmes de formation, fonds de soutien annoncés, incitations à l’initiative privée : l’architecture institutionnelle se densifie. L’objectif est de faire émerger un tissu d’entreprises locales capables de porter la diversification économique et de créer des emplois durables.

Pourtant sur le terrain, le décalage reste profond. Pour beaucoup de PME, le principal obstacle n’est pas l’accès au marché, mais la sécurisation du cycle économique : contractualisation, paiement, règlement des litiges. Dans ce contexte, chaque marché remporté peut devenir une source de vulnérabilité plutôt qu’un levier de croissance, en particulier lorsque le client est public ou para-public.

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C’est précisément ce type de fragilité que cherche désormais à mesurer le B-READY (Business Ready) de la Banque mondiale, qui intègre le Gabon dans sa cohorte 2026. L’approche marque une rupture : il ne s’agit plus seulement de mesurer la facilité à créer une entreprise, mais d’évaluer la qualité de l’environnement opérationnel, notamment l’exécution des règles, l’efficacité des services publics et la résolution des litiges commerciaux.

Cette évolution méthodologique met en lumière un paradoxe gabonais. L’État est volontariste dans le discours, mais les pratiques administratives peuvent fragiliser ceux-là mêmes qu’il prétend soutenir. Les délais de paiement, l’opacité des procédures, l’absence de mécanismes automatiques de sanction ou de compensation font peser un risque systémique sur les petites entreprises.

En réalité, l’enjeu n’est pas de multiplier les dispositifs, mais de restaurer la confiance contractuelle. Sans délais opposables, sans pénalités effectives, sans outils de garantie de trésorerie, l’entrepreneuriat reste une activité asymétrique, où le risque est concentré sur le plus faible. Tant que cette réalité ne sera pas corrigée, le discours pro-entrepreneuriat au Gabon continuera de produire plus de déceptions que de champions économiques.

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