C’est une bouffée d’oxygène pour un ministère souvent critiqué pour son manque de moyens sur le terrain. Le 25 mars 2026, le Gabon et l’Agence Française de Développement (AFD) ont scellé le sort du projet RIMOSD. Avec une enveloppe de 11,48 milliards de fcfa, l’ambition est de redonner du muscle à l’administration forestière là où tout se joue, c’est-à-dire loin du confort des bureaux de Libreville.
Ce financement ne tombe pas du ciel par simple générosité. Il s’appuie sur un mécanisme intelligent : l’Accord de Conversion de Dette (ACD). En clair, au lieu de rembourser une partie de sa dette à la France, le Gabon réinjecte cet argent directement dans la protection de ses écosystèmes. C’est la preuve d’une diplomatie environnementale mature qui transforme nos créances en investissements concrets pour l’avenir.
Sur le terrain, le projet RIMOSD s’étalera sur six ans. Il ne s’agit pas seulement d’acheter des 4×4, mais de construire des infrastructures modernes et de doter les agents de moyens de surveillance de pointe. L’objectif est de restaurer la souveraineté de l’État sur chaque hectare de forêt, garantissant que les lois sur l’exploitation durable ne soient plus de simples textes théoriques ignorés en zone reculée.
Pour le personnel déconcentré, c’est la fin d’une forme d’abandon. Des agents mieux équipés et mieux logés sont des agents plus efficaces contre le braconnage et l’exploitation illégale. Cette réforme vient compléter le dispositif du Nouveau Corps Paramilitaire et le système de traçabilité des bois (SNTBG), créant ainsi une armure institutionnelle autour de notre « or vert ».
Ce deal symbolise le leadership du Gabon dans la finance verte. En parvenant à mobiliser des fonds via la conversion de dette, Libreville montre la voie aux autres pays du Bassin du Congo. L’enjeu est désormais de transformer ces 11 milliards en résultats visibles pour les populations rurales et pour la pérennité de notre patrimoine naturel.














