L’un des constats les plus frappants du rapport pays 2025 de la BAD concerne la structure des recettes publiques. Malgré un nombre élevé de taxes, la pression fiscale au Gabon n’est que de 11,9 %. C’est un paradoxe : le pays semble taxer beaucoup, mais récolte peu. Cette inefficacité prive l’État de moyens financiers critiques pour ses hôpitaux et ses écoles.
En comparaison, des pays africains aux structures économiques similaires atteignent des taux de 30 %. Si le Gabon parvenait à augmenter sa pression fiscale de seulement 4,5 points de pourcentage, il pourrait couvrir une grande partie de son déficit de financement annuel sans avoir recours à de nouveaux emprunts extérieurs.
Cette faible performance s’explique par l’obsolescence de certains cadres juridiques et par une prolifération d’exonérations fiscales accordées de manière parfois discrétionnaire. Le rapport préconise une « mise à plat » du système pour élargir l’assiette fiscale, notamment en intégrant mieux le secteur informel et en taxant plus efficacement les flux de capitaux.
Un autre point soulevé est la dépendance aux impôts sur les sociétés (IS), qui représentent la majeure partie des impôts directs. La fiscalité sur les ménages reste faible, ce qui limite la résilience des recettes publiques face aux crises industrielles ou pétrolières. Une réforme vers une fiscalité plus équilibrée est jugée nécessaire.
Pour le contribuable gabonais, l’enjeu est de voir une corrélation directe entre l’impôt payé et la qualité des services publics. Le rapport insiste sur le fait que l’amélioration de la collecte doit s’accompagner d’une plus grande transparence budgétaire pour renforcer le consentement à l’impôt, pilier de toute démocratie économique moderne.














