Le SAMU Social gabonais a annoncé le 25 février 2026 qu’il suspendra temporairement toutes ses prises en charge à partir de 18h, invoquant son incapacité à garantir la qualité des soins. Dans un communiqué, Wenceslas Yaba, responsable du SAMU, explique : “Ne pouvant pas garantir la qualité des soins qui est impérative, nous allons procéder à un inventaire de ce que nous possédons pour estimer et permettre la continuité des prises en charge.” L’organisme, qui reçoit chaque jour environ 2 500 patients et effectue 400 visites à domicile, a jugé cette décision nécessaire après des mois de pression croissante.
Le SAMU Social, qui gère un grand nombre de cas urgents, ne se contente pas seulement des consultations de routine. « Nous voyons gratuitement par jour 400 compatriotes à domicile après un appel au 1488, les hôpitaux qui nous transmettent les bébés à mettre gratuitement sous couveuses, ainsi que des personnes en réanimation » détaille Yaba. Ces activités en font un acteur indispensable, en particulier dans les domaines de la néonatologie et des soins urgents.
La suspension a des répercussions immédiates : le SAMU Social ne pourra plus offrir ses services vitaux aux personnes qui nécessitent des soins intensifs, comme les nourrissons sous couveuses ou les personnes opérées de la cataracte gratuitement. « À compter de 18h, nous ne pourrons plus les accueillir et les invitons très cordialement à aller dans les nombreuses structures publiques, certes payantes, mais existantes » a précisé Yaba. Cette décision met en lumière la fragilité du système sanitaire gabonais.
En dépit des déclarations optimistes des autorités sur l’augmentation des budgets alloués à la santé, la réalité est bien différente. Le budget santé 2026 annoncé à 377,044 milliards de fcfa semble insuffisant pour assurer la continuité des soins au quotidien. Yaba soulève également un autre point critique : « Nous maintenons en vie nos compatriotes au forceps, nonobstant de multiples efforts et imaginations louables. » toute chose qui suggère que, même avec des ressources en augmentation, la gestion des moyens reste un défi de taille.
Cette situation met en lumière l’écart entre l’augmentation des budgets de santé et l’incapacité à garantir la qualité et la continuité des services. Si le SAMU Social ne peut plus remplir sa mission, c’est un signal d’alarme pour l’ensemble du système de santé, pris entre une demande croissante de soins et des moyens limités. Les autorités devront répondre à cette crise de manière urgente pour éviter un effondrement de l’accès aux soins.













