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Gabon : les cimentiers bientôt aux mains des nationaux ?

le coup de coeur

Dans la continuité de la reprise en main des secteurs à fort enjeu économique et social, le Conseil des ministres du 16 décembre 2025 a réaffirmé l’orientation jugée irréversible de l’État vers la gabonisation des activités stratégiques. Après les banques et les institutions de microfinance, les autorités s’attaquent désormais à un secteur clé de la stratégie nationale de développement des infrastructures : le ciment, matériau central des nombreux projets de routes en béton et d’ouvrages structurants déployés à travers le pays.

Sur instruction du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, les ministères concernés ont été chargés de proposer un plan de gabonisation progressive des activités de revente du ciment, tout en veillant à garantir l’accessibilité du produit et la maîtrise de ses prix. L’objectif affiché est de redonner aux nationaux une place prépondérante dans une chaîne de valeur stratégique pour l’économie et l’aménagement du territoire.

Selon les données du ministère de l’Économie, le secteur de la revente du ciment est actuellement contrôlé à 95% par des non-nationaux, une situation jugée incompatible avec les ambitions de souveraineté économique portées par les autorités. La production elle-même demeure largement concentrée, avec un quasi-monopole exercé par le groupe marocain Cimaf, renforçant les déséquilibres observés sur l’ensemble de la filière.

Le Chef de l’État a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une gabonisation effective des emplois et de la sous-traitance, appelant à une mise en œuvre rapide et concrète des orientations arrêtées. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de montée en puissance de la production nationale, notamment avec l’usine d’Owendo, dont la capacité passera de 850 000 à 1 850 000 tonnes par an dès septembre 2026, grâce à la mise en service d’une troisième ligne de production.

À cette expansion s’ajoute l’arrivée annoncée d’un nouvel opérateur égyptien, le groupe MAG, dans le segment de la production. Une évolution qui devrait stimuler la concurrence, accroître l’offre disponible et, surtout, booster le secteur de la revente, au moment où l’État entend en faire un levier de création d’emplois, de transfert de valeur et de consolidation de sa politique de développement des infrastructures.

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