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Gabon : les feuilles de route des 100 jours, entre méthode, urgence et crédibilité de l’action publique

le coup de coeur

Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu en audience le vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, venu lui présenter les feuilles de route des 100 jours assignées à l’ensemble des ministères. L’exercice marque une étape clé dans la structuration de l’action gouvernementale : il s’agit moins d’annoncer de nouvelles orientations que de traduire, ministère par ministère, les priorités politiques en actions identifiables, mesurables et évaluables dans un horizon de court terme.

Ces feuilles de route ont été élaborées à partir du projet de société présidentiel Bâtissons des édifices nouveaux, du Plan National de Croissance et de Développement et du Plan d’Action Gouvernementale. Elles s’inscrivent dans une logique de pilotage par les résultats, rompant avec une tradition administrative souvent marquée par des objectifs généraux peu suivis d’effets concrets. L’enjeu, pour l’exécutif, est clair : instaurer une culture de redevabilité, où chaque département ministériel est tenu de produire des livrables précis dans un délai contraint.

Sur le fond, le format des 100 jours répond à une double exigence. D’une part, traiter les urgences du présent, fonctionnement des services publics, continuité des politiques sociales, résolution des blocages les plus visibles. D’autre part, poser les premières briques de réformes structurelles, même si celles-ci ne peuvent produire leurs effets complets dans un laps de temps aussi court. La feuille de route devient ainsi un outil de hiérarchisation : tout ne peut pas être fait immédiatement, mais tout doit être priorisé.

Le volet social occupe une place prépondérante dans cet exercice. Le gouvernement met en avant la poursuite du dialogue engagé dans le secteur de l’éducation nationale, ainsi que dans d’autres domaines stratégiques. Si certaines avancées sont déjà évoquées, la séquence reste sensible : l’opinion attend moins des intentions que des décisions opérationnelles capables d’apaiser durablement les tensions. Dans ce contexte, les 100 jours constituent un test de crédibilité, notamment sur la capacité de l’exécutif à transformer le dialogue social en résultats tangibles.

D’un point de vue institutionnel, la présentation de ces feuilles de route au Chef de l’État traduit aussi une volonté de resserrer la chaîne de commandement. Le Vice-Président du Gouvernement joue ici un rôle de coordination et de reporting, chargé d’assurer la cohérence d’ensemble et le suivi de l’exécution. Cette centralisation du pilotage vise à éviter la dispersion des priorités et à maintenir une pression constante sur l’appareil gouvernemental.

Les feuilles de route des 100 jours ne constituent ni une fin en soi ni une solution miracle. Elles sont un instrument de méthode, destiné à instaurer un rythme, une discipline et une lisibilité de l’action publique. Leur succès se mesurera moins à la quantité d’actions listées qu’à la capacité du gouvernement à démontrer, dans les faits, que l’urgence peut être traitée sans sacrifier la construction de bases solides pour l’avenir.

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