Ce 25 février 2026, dans un message d’alerte concernant la suspension des prises en charge par le SAMU Social, Wenceslas Yaba révèle un aspect inattendu du système sanitaire gabonais : la dépendance du secteur public au SAMU Social pour gérer certains cas critiques. En effet, Yaba explique : « Les hôpitaux nous transmettent les bébés à mettre gratuitement sous couveuses. » Cette déclaration met en lumière une externalisation des soins vers une structure non étatique, qui devient un maillon essentiel dans la prise en charge néonatale.
Le SAMU Social, avec son parc de couveuses fonctionnelles gratuites, assume une responsabilité importante, surtout quand les hôpitaux publics sont à la limite de leur capacité d’accueil. Cette situation soulève la question de l’efficacité et de la capacité réelle du secteur public à répondre à la demande de soins. Si le SAMU prend en charge ces bébés, cela signifie que les hôpitaux publics n’ont pas les moyens suffisants pour maintenir ces soins en interne.
Yaba ne cache pas les difficultés auxquelles son organisation fait face : « Nous maintenons en vie nos compatriotes au forceps », un aveu de la pression constante exercée sur les services du SAMU dont la ligne budgétaire dédiée pour 2026 se chiffre entre 2 et 3 milliards de fcfa. Le manque de moyens dans les structures publiques semble donc réorienter les patients vers des services gratuits, créant ainsi une forme de dépendance envers le SAMU Social. En cas de suspension, cette dynamique pourrait se retourner contre le système de santé, provoquant une saturation plus grande des hôpitaux publics.
Cette défaillance du secteur public est accentuée par les budgets de la santé, qui, malgré leur augmentation, ne semblent pas suffisants pour combler les lacunes des infrastructures. Le budget de la mission Santé pour 2026 est annoncé à 377,044 milliards de fcfa, mais la question de sa répartition et de son exécution demeure cruciale. Si les hôpitaux publics délèguent une partie de leur mission au secteur privé ou au SAMU Social, cela signifie que l’argent alloué à la santé ne parvient pas à renforcer les capacités internes des structures publiques.
En définitive, cette situation de délestage vers le SAMU Social illustre les fragilités du système public gabonais face à une demande de soins de plus en plus pressante. Le paradoxe est de plus en plus visible : un secteur public qui, en dépit des hausses budgétaires, semble incapable de prendre en charge certaines populations, obligeant le SAMU Social à jouer un rôle de plus en plus central dans la santé publique. Les autorités devront impérativement renforcer les capacités des hôpitaux publics pour éviter de telles dérives.













