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Gabon : l’ombre du manganèse derrière la générosité masquée de la France ?

le coup de coeur

La question posée par un chroniqueur du Monde, « Sans mine de manganèse, la France prêterait-elle quelque 170 millions d’euros au Gabon ? », agit comme un fil conducteur. Derrière ce prêt destiné au Transgabonais, présenté comme un appui au développement des infrastructures, l’auteur suggère une réalité moins avouée centrée autour de la persistance d’une politique d’influence française étroitement liée aux ressources stratégiques gabonaises.

Car le Transgabonais n’est pas une ligne ferroviaire comme les autres. Il constitue l’axe vital de l’exportation du manganèse de Moanda, exploité principalement par Comilog, filiale du groupe français Eramet. Le Gabon figure parmi les tout premiers producteurs mondiaux de manganèse, un minerai indispensable à la fabrication de l’acier et désormais crucial pour les batteries et la transition énergétique. Sécuriser cette voie ferrée revient donc à sécuriser un flux stratégique pour l’industrie française.

Ce manganèse gabonais génère des revenus substantiels pour Eramet, groupe dont l’État français reste un actionnaire de référence. Chaque année, les exportations issues de Moanda alimentent les chaînes de valeur industrielles européennes, soutenant des activités de transformation, d’alliages et de métallurgie à forte valeur ajoutée. Autrement dit, au-delà des retombées fiscales locales, le manganèse gabonais contribue directement à la compétitivité et aux résultats d’acteurs clés de l’économie française.

C’est ici que la lecture du chroniqueur du Monde prend tout son sens. Pourquoi une telle mobilisation financière pour une infrastructure précise, quand d’autres besoins sociaux ou productifs gabonais peinent à susciter un engagement équivalent ? La réponse semble moins relever d’un altruisme économique que d’un réflexe paternaliste : aider, oui, mais surtout là où les intérêts français sont clairement en jeu.

En filigrane, cette affaire illustre la nature ambivalente de la relation franco-gabonaise. Officiellement rénovée et débarrassée des pratiques de la Françafrique, elle reste marquée par une logique d’influence économique, où l’aide financière demeure un instrument de sécurisation stratégique. En posant sa question, le chroniqueur du Monde ne dénonce pas seulement un prêt : il met en lumière une relation encore déséquilibrée, où la générosité affichée de la France peine à masquer la centralité de ses propres intérêts.

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