Peu mise en avant dans le débat public, l’ouverture de 72% du domaine maritime gabonais jusque-là inexploité constitue pourtant le cœur stratégique de la relance pétrolière en cours. Plus qu’un simple ajustement technique, cette décision redéfinit la cartographie énergétique du pays.
Pendant des décennies, l’exploitation des hydrocarbures s’est concentrée sur des champs matures, principalement onshore ou en offshore peu profond. Aujourd’hui, le potentiel se situe ailleurs: dans les eaux profondes et très profondes, là où la probabilité de découvertes significatives reste élevée mais où les coûts, les risques et les exigences technologiques sont considérables.
C’est précisément ce potentiel qui explique le retour progressif de majors internationales, dont ExxonMobil, après plus de dix ans d’absence. Ces acteurs disposent de la capacité financière et technologique nécessaire pour opérer dans des environnements complexes, là où les opérateurs de taille moyenne atteignent leurs limites.
Mais ce virage offshore n’est pas sans contrepartie. Il renforce la dépendance du Gabon à des acteurs étrangers, accroît les besoins en infrastructures lourdes et reporte les bénéfices économiques sur le moyen ou long terme. En clair, l’ouverture du domaine offshore est une promesse, pas encore une richesse tangible.
La réussite de cette stratégie dépendra donc moins de l’annonce des blocs que de la capacité de l’État à encadrer, négocier et sécuriser les retombées nationales de cette nouvelle ruée vers le large. Cette stratégie est à quitte ou double. Soit elle permet de relancer durablement le secteur, soit elle renforce les inégalités, à charge au gouvernement qui cible 4800 milliards de revenus pétroliers d’ici 2032 d’ajuster sa stratégie.











