Le chantier de l’Université des Sciences de l’Éducation (USE) constitue l’un des projets universitaires majeurs engagés par l’État gabonais dans le cadre de la modernisation du système éducatif. À ce stade, aucun chiffrage consolidé n’a été officiellement publié sur le coût total, le calendrier précis, ni la capacité finale de l’infrastructure. Cette absence de données détaillées contraste avec l’ampleur stratégique du projet, présenté comme un pôle d’excellence destiné à structurer la formation des enseignants et le capital humain à moyen et long terme.
Pensée comme une université de nouvelle génération, l’USE est conçue pour répondre aux standards du XXIᵉ siècle en matière de pédagogie, de recherche et d’infrastructures numériques. Dans la sous-région, les projets universitaires comparables mobilisent généralement entre 30 et 80 milliards FCFA, selon la capacité, le foncier et les équipements intégrés. Une université accueillant entre 3 000 et 5 000 étudiants nécessite en moyenne 40 à 60 hectares, plusieurs dizaines de salles spécialisées et des équipements technologiques représentant jusqu’à 25 % du coût total.
Les travaux semblent évoluer dans le respect des délais, sans qu’un calendrier détaillé n’ait été rendu public. À titre indicatif, les projets universitaires de taille équivalente s’étalent généralement sur 24 à 36 mois, répartis en 3 à 5 phases : terrassement, gros œuvre, second œuvre, équipements et mise en service. Chaque mois de retard sur ce type de chantier génère des surcoûts pouvant atteindre 1 à 2 % du budget initial, selon les standards observés dans les marchés publics.
Sur le plan budgétaire, l’USE s’inscrit dans un contexte où les dépenses publiques d’éducation représentent environ 2,3 % du PIB, contre 4 à 5 % dans les économies comparables. En l’absence de données précises sur l’enveloppe allouée à ce projet, il est difficile d’évaluer son poids réel dans l’effort national d’investissement éducatif. À titre de comparaison, consacrer 50 milliards de fcfa à une université représente environ 1,2 % d’un budget annuel de 4 500 milliards de fcfa, mais peut absorber jusqu’à 10 % d’une enveloppe d’investissement sectorielle.
À terme, l’USE est appelée à accueillir étudiants, enseignants et personnel administratif dans un cadre modernisé. Toutefois, l’impact réel sur le capital humain dépendra de variables chiffrables encore absentes : nombre de diplômés par an, taux d’insertion professionnelle, coût par étudiant, budget de fonctionnement annuel et capacité de maintenance des infrastructures. Sans ces indicateurs, le projet demeure un signal politique fort, mais dont la traduction économique et éducative reste, à ce stade, partiellement quantifiable.











