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Gabon : marchés publics opaques, justice fragilisée, financement politique flou… les critères qui plombent le score du pays

le coup de coeur

Le score de 29/100 dans l’édition 2025 de l’indice de la corruption publié par Transparency International, confirme que le Gabon reste nettement en retrait comparé à certains pairs africains. À titre de contraste, le Sénégal affiche 46/100 et le Maroc 39/100. L’écart est significatif : +17 points avec Dakar, +10 points avec Rabat. Ce différentiel reflète des perceptions plus favorables en matière de gouvernance publique et de contrôle institutionnel.

Le premier critère déterminant concerne les marchés publics. Dans les pays où les procédures sont digitalisées, encadrées par des autorités de régulation visibles et assorties de mécanismes de recours crédibles, la perception s’améliore. Le Sénégal, par exemple, a renforcé son cadre de passation et ses dispositifs de contrôle budgétaire au cours des dernières années, ce qui contribue à stabiliser sa note. Le Maroc, de son côté, a engagé une modernisation progressive de ses procédures administratives et budgétaires. À l’inverse, au Gabon, l’opacité perçue dans l’attribution de certains contrats stratégiques continue d’alimenter le doute.

Deuxième variable : l’indépendance et l’efficacité de la justice. Les pays qui progressent dans le classement sont ceux où les poursuites pour infractions économiques sont jugées crédibles, y compris lorsqu’elles concernent des profils de haut niveau. Le Sénégal a multiplié les procédures judiciaires médiatisées ces dernières années, ce qui, indépendamment des débats politiques qu’elles suscitent, renforce la perception d’activation institutionnelle. Le Maroc, bien que confronté à ses propres critiques, bénéficie d’une image plus structurée en matière de contrôle juridictionnel. Le Gabon, avec un score de 29, souffre d’une perception inverse : lenteur, sélectivité ou faible visibilité des sanctions.

Le financement politique constitue un troisième facteur différenciant. Les pays où les règles de transparence sur les dons et dépenses électorales sont mieux formalisées et suivies obtiennent généralement de meilleurs résultats. Le Maroc a encadré juridiquement les dépenses de campagne et impose des obligations déclaratives. Le Sénégal dispose également de dispositifs de régulation plus identifiables. Au Gabon, le manque de lisibilité des mécanismes de financement alimente les soupçons d’influence indirecte sur la décision publique.

Enfin, la gestion globale des finances publiques reste au cœur de l’évaluation. Un pays dont la trajectoire budgétaire est accompagnée d’audits visibles, d’un contrôle parlementaire actif et d’institutions de vérification crédibles inspire davantage confiance. Avec 29/100, le Gabon apparaît en situation de fragilité comparative. L’écart avec le Sénégal (46) et le Maroc (39) illustre que le problème n’est pas uniquement régional : il tient à la robustesse des institutions. Pour combler ce différentiel, la réforme devra être systémique, marchés publics, justice, finances politiques et discipline budgétaire, faute de quoi le coût réputationnel continuera de peser sur l’économie nationale.

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