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Gabon: Oligui Nguéma atterrit à Makokou dans son Gulfstream G550 à 34 milliards de fcfa 

le coup de coeur

Alors que les enseignants maintiennent la pression sociale, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, a entamé une visite officielle très médiatisée dans l’Ogooué-Ivindo, avec une arrivée remarquée à Makokou à bord d’un Gulfstream G550 immatriculé TR-KPG. Le service de communication de la présidence a partagé des images du départ, soulignant une visite de « suivi de l’exécution des projets structurants » et d’échanges directs avec les populations. Cette opération de communication viserait à démontrer la proximité du chef de l’État avec les réalités du pays profond.

Cependant, l’utilisation de cet aéronef luxueux suscite des interrogations dans un contexte de crise sociale persistante. La publication spécialisée Africa Intelligence avait déjà révélé en août 2024 l’acquisition de deux avions par la présidence gabonaise : un Gulfstream G550 d’occasion et un Embraer E145. 

L’hebdomadaire précisait que l’achat s’était fait via un courtier étranger pour garantir la confidentialité de la transaction, le montant n’ayant pas été officiellement divulgué. Un G550 neuf est estimé à environ 62 millions de dollars (plus de 34 milliards de fcfa), tandis qu’un modèle d’occasion de 2011 comme celui-ci, peut valoir entre 15 et 40 millions de dollars.

Sur le plan technique, le G550 est un jet d’affaires à ultra-long rayon d’action, propulsé par deux moteurs Rolls-Royce. Il peut parcourir jusqu’à 12 501 kilomètres sans escale et atteindre une vitesse de croisière de Mach 0,80 (environ 850 km/h). Sa cabine spacieuse, l’une des plus grandes de sa catégorie, peut accueillir jusqu’à 19 passagers dans un confort optimal, avec un système de gestion de cabine avancé et une faible altitude de pressurisation pour réduire la fatigue des passagers.

Le contraste est ainsi saisissant avec la situation des enseignants gabonais, actuellement en grève générale illimitée depuis début janvier 2026, via la plateforme SOS Éducation. Ces derniers réclament de meilleures conditions de travail, la régularisation de leurs situations administratives et le paiement des arriérés de salaires. Bien qu’un accord ait été scellé le 24 janvier pour suspendre la grève, le mécontentement de la base enseignante demeure, et la situation reste tendue dans le secteur de l’éducation nationale.

Cette visite présidentielle met en lumière le fossé entre les investissements dans les symboles de la fonction présidentielle et les revendications sociales non satisfaites. Alors que la présidence communique sur le développement régional, la population s’interroge sur l’affectation des ressources nationales et l’état réel de l’économie, dans un pays où les besoins sociaux de base restent criants.

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