spot_img

Notre devoir, servir la vérité.

spot_img

Gabon : Oligui veut reprendre la main avec le FMI après le paiement des arriérés

le coup de coeur

Quelques heures seulement après avoir annoncé le règlement de 28 milliards de fcfa d’arriérés auprès de ses créanciers multilatéraux, dont le FMI, le président Brice Clotaire Oligui Nguéma a reçu ce mercredi 5 novembre Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du FMI, pour discuter de l’avenir du partenariat entre Libreville et l’institution de Bretton Woods. Ce rendez-vous, programmé juste après le paiement des créances, n’est pas qu’une coïncidence : le Gabon entend reprendre le contrôle de son agenda économique, tout en retrouvant la crédibilité perdue au fil des retards de paiement.

Le Gabon n’a actuellement aucun programme actif avec le FMI. Le dernier accord significatif datait de 2021, sous la forme d’un arrangement triennal. Depuis, le pays a accumulé des arriérés qui ont freiné les décaissements de l’institution et suscité des inquiétudes sur sa capacité à respecter ses engagements financiers. Une mission du Fonds début 2024 avait déjà mis en évidence un certain nombre de contraintes notamment en terme de gouvernance, de gestion et de transparence.

Cette rencontre marque donc une stratégie politique et diplomatique. Le gouvernement veut montrer qu’il paie ses dettes et fixe ses propres conditions pour le futur. Le pays souhaite mettre sur la table un nouveau programme conçu par ses équipes et non imposé par le FMI, ce qui apparaît difficile vu les 3400 milliards prévus de nouveaux tirages sur finex annoncé dans la Loi de finances. Obtenir un soutien international tout en affirmant son indépendance politique et financière est donc un pari audacieux.

Par ailleurs, le chemin est étroit et semé d’embûches. Pour que ce nouveau programme ait du sens, Libreville devra traduire les intentions affichées en réformes concrètes : meilleure gouvernance, transparence dans la gestion des ressources, rationalisation de la dépense publique et renforcement de l’efficacité des services aux citoyens. Le paiement des arriérés est une étape symbolique, mais le vrai test sera la capacité du gouvernement à montrer des résultats tangibles.

Dans un contexte où la population reste vigilante et où chaque mesure budgétaire peut déclencher des tensions sociales, le Gabon doit conjuguer discipline financière et acceptabilité politique, l’équation n’est pas simple, mais elle sera déterminante pour l’avenir du partenariat avec le FMI.

spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img

Derniers Articles