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Gabon : pendant que les annonces s’enchaînent, le Burkina Faso passe à l’offensive avec une usine d’assemblage de véhicules électriques

le coup de coeur

Alors que Libreville multiplie les annonces industrielles et les ambitions de diversification depuis plusieurs années, Ouagadougou a concrétisé une étape majeure dans la mobilité verte avec un investissement ciblé de 3,75 milliards de fcfa pour lancer sa première usine d’assemblage de véhicules et de motos électriques. Ce chantier, soutenu par le Fonds Burkinabè de Développement Économique et Social (FBDES), illustre une stratégie pragmatique et focalisée sur la transition énergétique, ainsi que sur la création d’emplois industriels locaux. 

Le projet, qui se déploie dans la commune de Tanghin-Dassouri, vise à établir une unité moderne de montage avec des équipements spécialisés pour assembler localement des véhicules électriques, réduisant ainsi la dépendance à l’importation de véhicules finis et aux combustibles fossiles. L’État, via le FBDES qui détient une part significative du capital, veut faire de cette initiative un pilier de la mobilité durable et un catalyseur d’emplois pour les jeunes burkinabè.

Cette dynamique s’inscrit dans une ambition assumée de diversification. Le Burkina Faso a déjà avancé dans la production et l’assemblage de véhicules électriques sous la marque Itaoua, avec des modèles assemblés localement et pensés pour les besoins du marché ouagalais et ouest-africain. Des ingénieurs burkinabè ont été formés et participent désormais à des chaînes de production qui, bien que naissantes, s’inscrivent dans une volonté industrielle réelle et concrète.

LIRE AUSSI : Gabon : usine d’assemblage automobile, une ambition industrielle qui se répète depuis 2022

À l’inverse, le Gabon, malgré une série d’annonces ambitieuses dans le secteur de l’assemblage automobile, peine encore à franchir le cap de l’exécution. Depuis 2022, plusieurs projets ont été évoqués, de l’intérêt de investisseurs pour des usines d’assemblage au Gabon jusqu’à des discussions auprès d’associations panafricaines, mais aucune unité industrielle n’a encore réellement vu le jour sur le terrain. Cette accumulation d’annonces donne une impression d’intention diplomatique et stratégique, mais reste en quête d’architectures d’investissement et de jalons concrets.

Ce contraste est significatif. Là où Libreville accumule propositions, consultations et projets à long terme, Ouagadougou a choisi une approche ciblée, financée et opérationnelle avec un budget défini de 3,75 milliards de fcfa, près de ⅓  de la somme qui aurait été détournée au ministère du tourisme, et une unité d’assemblage qui progresse vers la production réelle. 

Toute chose qui illustre une différence de rythme et de méthode dans l’industrialisation en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, et pose une interrogation pour les décideurs gabonais : multiplier les annonces suffit-il à créer une base industrielle durable, ou faut-il mieux focaliser sur quelques initiatives concrètes pour catalyser la transformation économique?

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