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Gabon : PNCD 2026-2030, 4 536 milliards fcfa… un copier-coller du PNDT et le sentiment d’un éternel recommencement

le coup de coeur

Même montant, autour de 4 536 milliards de fcfa ; mêmes problèmes identifiés ; mêmes causes structurelles évoquées. À la lecture de la version préliminaire du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, difficile d’échapper à une impression de déjà-vu. Derrière le changement d’intitulé, le nouveau plan directeur gabonais reprend largement les diagnostics, les priorités sectorielles et même l’architecture financière des précédents exercices de planification, au premier rang desquels le PNDT. La promesse est la même, 293 projets “structurants” sur cinq ans, mais la mécanique rappelle des cycles antérieurs où l’exécution n’a jamais été à la hauteur de l’affichage.

Un diagnostic répété, jamais vraiment corrigé. Souveraineté énergétique, accès à l’eau potable, déficit d’infrastructures de transport, faible transformation locale, chômage des jeunes, gouvernance perfectible : le PNCD dresse exactement le même constat que ses prédécesseurs. Ces failles sont connues, documentées, parfois chiffrées depuis plus d’une décennie. Pourtant, elles continuent de servir de point de départ à chaque nouveau plan, sans que les précédents n’aient fait l’objet d’un bilan public rigoureux, projet par projet, des succès comme des échecs.

Des priorités sectorielles inchangées. Énergie, routes, ports, aéroports, mines, bois, agriculture industrielle, zones économiques spéciales, numérique, capital humain : la liste des secteurs dits « stratégiques » reste inchangée. Comme dans le PNDT, l’État mise sur des investissements lourds pour déclencher la croissance et attirer le privé. Mais l’empilement de projets pose une question de fond : où est la hiérarchie réelle ? Sans priorisation stricte, le risque est de diluer les ressources et de reproduire les sous-exécutions chroniques observées dans les plans précédents.

Sur le papier, l’architecture financière paraît équilibrée : 2 045 milliards de fcfa de ressources propres, 1 276 milliards de financements extérieurs et 1 197 milliards en partenariats public-privé. Dans les faits, c’est précisément sur ces deux derniers leviers que les précédents plans ont buté. Les financements extérieurs sont conditionnés à la crédibilité macro-budgétaire et à la qualité de l’exécution, tandis que les PPP supposent des projets bancables, juridiquement sécurisés et correctement structurés, un point faible récurrent de l’administration gabonaise.

Le nœud du problème : l’exécution, encore et toujours

Ce qui a fait défaut au PNDT, ce n’est ni la vision ni l’ambition, mais la capacité d’exécution, le suivi et la transparence. Le PNCD ne rompt pas clairement avec cette histoire. La version préliminaire ne précise ni le phasage précis des projets, ni les mécanismes contraignants de reddition de comptes, ni les critères d’abandon ou de réallocation en cas de retard. Sans ces garde-fous, le plan risque de rester un catalogue d’intentions, plutôt qu’un outil opérationnel.

En définitive, le PNCD 2026-2030 pose une question simple : le Gabon change-t-il réellement de trajectoire, ou simplement de document de référence ? Tant que les causes profondes de l’échec des plans précédents, gouvernance de l’exécution, discipline budgétaire, pilotage des projets, évaluation indépendante, ne sont pas traitées frontalement, le risque que ces 4 536 milliards de fcfa rejoignent la longue liste des ambitions chiffrées… sans transformation économique à la hauteur est toujours aussi présent. 

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