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Gabon : pourquoi le prix de la mythique Régab a réellement augmenté ?

le coup de coeur

Le réajustement tarifaire de la Régab est désormais acté : le format 65 cl est passé de 500 de fcfa à 600 de fcfa (soit +100 de fcfa, environ +20 %), tandis que le format 33 cl a été fixé à 350 de fcfa (avec, selon les points de vente, une baisse ou une harmonisation autour de ce prix homologué). Cette décision, officialisée par Sobraga (Société des brasseries du Gabon), marque une rupture rare : plusieurs observateurs soulignent que la grille de prix de la Régab était restée globalement stable pendant plus d’une décennie, ce qui explique l’onde de choc sur le marché. 

Dans son argumentaire, l’industriel parle d’un réajustement lié à une hausse durable des coûts de production : matières premières, énergie, transport, et environnement économique plus contraint. L’idée est simple : quand les intrants importés (emballages, certains composants, fret) coûtent plus cher et que l’énergie/transport renchérit la fabrication et la distribution, la marge se compresse et la hausse se transmet au prix final. Plusieurs articles reprennent précisément cette justification “coûts mondiaux + fiscalité” comme toile de fond du nouveau tarif.

Mais le facteur le plus “macro” est ailleurs : l’entrée en vigueur de la Loi de finances 2026 et le relèvement du régime des droits d’accises sur les boissons alcoolisées. Des analystes cités dans la presse font le lien entre l’ajustement de prix et cette nouvelle donne fiscale, même si le communiqué industriel ne la met pas en avant frontalement. Dans la presse économique, le nouveau barème prévoit notamment pour les bières locales une taxation ad valorem (en pourcentage) assortie d’une taxe spécifique de 40 de fcfa par litre (contre un niveau antérieur plus bas), ce qui renchérit mécaniquement le coût fiscal unitaire de chaque volume vendu. 

Pour le consommateur, l’impact est très concret : +100 de fcfa sur une bouteille de 65 cl, c’est +1 000 de fcfa sur un pack de 10 bouteilles, +6 000 de fcfa sur une consommation de 60 bouteilles (un mois “chargé” de cérémonies, bars, évènements). Et même si la taxe spécifique (ex. 40 de fcfa/litre) ne “fait” pas à elle seule les +100 de fcfa, car le prix final agrège aussi la TVA, la structure commerciale, le transport, les emballages et la marge, elle s’ajoute à un coût de revient déjà sous pression. 

Reste un élément de lecture important : cette hausse ne touche pas seulement “une bière”, mais un produit à forte dimension sociale, très présent dans la consommation populaire. C’est aussi ce qui explique l’intensité de la réaction. Pour Sobraga, l’équation est de préserver l’outil industriel et la distribution en ajustant certains prix ; pour l’État, l’enjeu est de sécuriser des recettes fiscales ; pour les ménages, la conséquence est immédiate sur le budget loisirs et cérémonies. Le marché dira si le volume se maintient, si la consommation se déplace vers d’autres formats ou marques, et si la hausse de fiscalité sur l’alcool crée un effet d’éviction au profit de segments moins taxés.

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