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Gabon : près de 7 000 demandeurs d’emploi en trois mois, le PNPE remet enfin des chiffres sur la table

le coup de coeur

Après des années de quasi-silence statistique, le Pôle national pour la promotion de l’Emploi (PNPE) publie un premier jalon : 6 863 demandeurs d’emploi inscrits sur sa plateforme entre le 1er octobre et le 31 décembre 2025. Le signal est double avec d’un côté, l’outil statistique se remet en marche et de l’autre, il met en lumière une pression continue sur le marché du travail, même sur une période courte (trois mois) et via un canal numérique qui ne capte pas nécessairement toute la demande.

Le PNPE met aussi en avant des résultats “sortie vers l’activité” : 672 insertions en entreprise et 1 041 stages sur la même séquence, ainsi que 160 nouvelles entreprises intégrées à sa base de collaboration. Rapportés aux 6 863 inscrits du trimestre, ces volumes suggèrent une capacité d’absorption très limitée : l’enjeu n’est pas seulement d’enregistrer la demande, mais d’augmenter la conversion en emplois durables, dans un contexte où la création d’emplois formels reste structurellement contrainte.

Le contraste historique est saisissant : la dernière photographie citée par le PNPE remonte à 2018 avec 61 834 demandeurs comptabilisés. Ce décalage (2018-2025) alimente la critique récurrente faite à la quasi totalité des administrations stratégiques : sans séries continues, les politiques publiques d’emploi pilotent “à vue”. Pour les investisseurs, l’absence de statistiques régulières brouille aussi l’évaluation du vivier de compétences, des tensions salariales et du risque social.

Les institutions internationales décrivent un chômage “élevé et persistant” au Gabon. La Banque mondiale (estimations OIT modélisées) situe le taux de chômage total autour de 20,1% en 2024 (20,3% en 2023). Le point dur reste la jeunesse : le chômage des 15-24 ans est estimé à 35,99% en 2024 (36,37% en 2023). Autrement dit, même lorsque la croissance repart, elle ne se traduit pas mécaniquement en emplois, notamment parce qu’elle est tirée par des secteurs capitalistiques.

Sur le fond, les causes sont largement structurelles : la Banque mondiale rappelle que la dynamique économique gabonaise a longtemps été concentrée dans des activités à forte intensité capitalistique (pétrole/mines), peu génératrices d’emplois, tandis que l’entrée annuelle de nouveaux actifs (notamment jeunes) entretient la pression. Le diagnostic “offre-demande” est également un élément central : l’amélioration des compétences ne suffit pas si l’économie ne se diversifie pas assez vite pour créer une demande de travail qualifié, sinon, le pays recycle une partie de la main-d’œuvre vers l’auto-emploi et l’informel.

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