Les annonces successives sur la mise en présalaire de 2 502 agents (692 sortants ENIL/ENIF et 1 810 ex-bénévoles), la mise en solde de 328 sortants ENS/ENSET et la régularisation de 4 000 situations administratives dessinent un schéma budgétaire plus large que celui officiellement présenté. Si l’effort immédiat est maîtrisé, le coût cumulé à moyen terme pourrait rapidement dépasser les 26 milliards de fcfa annuels déjà identifiés pour les 3 000 régularisations et 300 postes budgétaires.
Le présalaire est souvent présenté comme une solution transitoire à faible coût. En réalité, il crée un effet cliquet : chaque agent placé en présalaire est destiné, à terme, à intégrer la solde pleine. Autrement dit, ce qui est aujourd’hui un amortisseur budgétaire devient demain une charge permanente. À mesure que les présalaires basculeront vers la solde, la masse salariale de l’Éducation nationale, déjà à 205 milliards de fcfa, augmentera mécaniquement, sans que cela n’ait été pleinement intégré dans une trajectoire pluriannuelle publique.
La régularisation de 4 000 dossiers sur 6 574 codifiés pose un autre enjeu budgétaire : celui du reste à faire. Chaque régularisation partielle crée une pression pour traiter les dossiers restants, sous peine de relancer le conflit. Pour les finances publiques, le risque est clair : une addition progressive, étalée sur plusieurs exercices, mais politiquement impossible à interrompre une fois engagée.
La crise éducative semble en train de transformer un passif administratif ancien en engagement budgétaire futur massif. La question n’est plus de savoir si l’État peut payer cette année, mais s’il est prêt à assumer durablement l’augmentation structurelle de la masse salariale sans réformes de gestion.











