spot_img

Notre devoir, servir la vérité.

spot_img

Gabon : quand le service de la dette et ces 3 % du PIB, hypothèque l’avenir social et infrastructurel

Le Gabon fait face à une équation budgétaire complexe. Le ratio de la dette publique est passé de 74 % du PIB en 2021 à 74,7 % en 2024, confirmant une pression toujours vive sur la trésorerie. Le service de la dette capte désormais 3 % du PIB, une ponction qui limite drastiquement les dépenses d’investissement. En 2023, alors que les recettes fiscales ne représentaient que 12,8 % du PIB, chaque franc mobilisé pour les créanciers a constitué une ressource de moins pour le Plan National de Développement.

Cette charge financière agit comme un frein à la productivité future du pays. Avec un Indice de Capital Humain stagnat à 0,46, le Gabon investit insuffisamment dans ses secteurs sociaux. Le rapport souligne que pour atteindre les Objectifs de Développement Durable, le pays devrait mobiliser des financements climatiques et sociaux bien plus importants. Or, le service de la dette crée un effet d’éviction. En 2024, les dépenses de fonctionnement et la dette ont consommé une part telle des revenus que l’investissement public peine à dépasser les 4 % du PIB.

Le déficit infrastructurel, notamment dans le transport, pèse sur la compétitivité. Le réseau routier bitumé ne représente qu’une fraction du territoire, alors que le Gabon affiche une urbanisation record de 90 %. Le coût d’opportunité est immense : la BAD estime que le manque d’infrastructures de base freine la croissance du secteur non pétrolier, qui ne progresse que de 2,4 % en moyenne, loin des 7 % nécessaires pour transformer durablement l’économie et réduire la pauvreté.

Pour sortir de cette impasse, la BAD suggère une réforme de l’architecture financière. Le Gabon doit porter ses recettes non pétrolières vers l’objectif de 17 % à 20 % du PIB pour desserrer l’étau de la dette. Sans cette mobilisation des ressources internes, le service de la dette continuera de sacrifier les projets structurants sur l’autel de la solvabilité immédiate, privant le pays des leviers nécessaires pour sa transition économique.

le coup de coeur

Derniers Articles

spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img