Initialement signalé pour la disparition de 48000 tonnes de manganèse au port d’Owendo, le navire Jacob H, serait désormais au centre d’une enquête révélant une probable tentative d’escroquerie. Selon des informations recueillies par nos confrères de Gabonreview, la société SOTRASMAR aurait présenté une facture de 8,09 milliards de fcfa au capitaine du navire, bien supérieure à la valeur réelle du bateau et de sa cargaison.
Ce nouvel élément pourrait remettre en question la version initiale de l’affaire, qui avait rapidement circulé dans les médias. Les autorités portuaires gabonaises sont désormais attendues pour clarifier la situation et préciser les mesures correctives envisagées. En effet, le navire, qui n’aurait rencontré qu’une panne mécanique mineure, n’aurait besoin que d’une assistance technique standard. Pourtant, la société de transport maritime aurait présenté une facture dépassant largement la valeur du bateau (6 milliards) et de sa cargaison (800 millions).
Face à cette pression, le capitaine aurait choisi de quitter le port avec un Port Clearance officiel, évitant ainsi une arnaque qui aurait coûté cher à son entreprise. L’incident, si ces nouveaux éléments sont avérés, souligne la nécessité de mieux encadrer les interactions entre les opérateurs privés et les autorités portuaires pour sécuriser les transactions et prévenir les abus.
Selon non confrères, cette affaire mettrait en lumière des pratiques inquiétantes dans certains services portuaires : facturations gonflées, pressions sur les opérateurs et détournement de situations ordinaires en opportunités financières illégitimes. Ces pratiques, si elles se répètent, risquent d’affaiblir la confiance des acteurs économiques et de dissuader les investisseurs étrangers de travailler au Gabon. La transparence et la responsabilité restent des enjeux essentiels pour la crédibilité du secteur maritime.
Les conséquences pour le Gabon pourraient être lourdes. Si ce type de pratiques se répète, cela pourrait nuire à la réputation du pays auprès des investisseurs internationaux et fragiliser la crédibilité de son système portuaire. Le renforcement des contrôles et la mise en place de mécanismes clairs pour encadrer les prestations de service deviennent urgents. Une surveillance accrue permettrait également d’éviter que des situations similaires ne dégénèrent en litiges coûteux ou en tensions diplomatiques avec des partenaires commerciaux.
Au final, derrière l’histoire sensationnelle d’un navire « disparu » avec sa cargaison de manganèse, ce sont surtout les dérives humaines et les abus administratifs qui éclatent au grand jour. Le défi pour Libreville est clair : restaurer la confiance et prouver que le Gabon peut rester un hub maritime sérieux et sûr en Afrique centrale. Cette affaire constitue un signal d’alarme pour tous les acteurs du secteur, rappelant l’importance de l’éthique et du contrôle rigoureux dans les opérations portuaires. La résolution rapide et transparente de ce dossier sera déterminante pour l’avenir économique du port d’Owendo.








