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Gabon: Thierry Minko face au casse-tête d’un nouveau programme avec le FMI

le coup de coeur

Nommé ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la lutte contre la vie chère, Thierry Minko arrive à Bercy version Libreville dans un moment de stress financier rare : tensions de trésorerie, arriérés, accès au financement externe limité et pression sociale croissante. Son prédécesseur Henri-Claude Oyima est remplacé alors que le pays dépend de plus en plus du marché régional, dont l’appétit pour la signature gabonaise s’est nettement refroidi.

Sur l’homme, le pouvoir mise sur un profil plus technicien que politique. Avant d’accéder au portefeuille, Thierry Minko figurait déjà dans l’architecture du ministère : conseiller technique du ministre d’État aux Finances depuis le 20 juin 2025, ce qui confirme son insertion dans les circuits de décision budgétaire et fiscale. De nombreuses sources insistent d’ailleurs sur ce positionnement “orthodoxe” et discret, mais l’équation qu’il hérite dépasse la méthode.

Le nouvel homme fort de l’Économie doit produire vite des résultats visibles sur la vie chère, tout en rassurant créanciers et bailleurs. À ce titre, le cœur du dossier, c’est le retour au FMI ou plus exactement la construction d’un programme crédible après des années d’aller-retour. Côté FMI, le Gabon n’a pas de programme en cours : la dernière consultation au titre de l’Article IV a été conclue en mai 2024, avec un diagnostic centré sur la soutenabilité budgétaire, la gestion des finances publiques et les réformes structurelles. 

Dans ce contexte, la négociation ne portera pas seulement sur un cadrage macro, mais sur la capacité de l’État à tenir l’exécution, sécuriser les recettes et limiter les dérapages extra-budgétaires. Ce qui complique tout, c’est que le FMI discutera désormais avec un pays dont la situation de liquidité s’est dégradée et dont les partenaires ont déjà envoyé des signaux d’alerte. 

La Banque mondiale a par exemple suspendu des décaissements en raison d’arriérés (environ 17 milliards de fcfa évoqués début 2025), illustrant la fragilité de trésorerie et le coût immédiat des retards de paiement. À l’automne 2025, les chiffres publiés sur la dette et les arriérés renforcent ce tableau : dette publique autour de 8,6 trillions de fcfa fin octobre 2025 et arriérés à 443,6 milliards de fcfa à la même période.

Enfin, le “mur” Fitch Ratings pèse sur la négociation. Le 19 décembre 2025, Fitch a abaissé la note en devises du Gabon de CCC à CCC- et a pointé un déficit qui se creuse et un accès contraint aux financements officiels. L’agence anticipe une hausse marquée du ratio de dette publique, de 72,9% du PIB (2024) à 80,4% (2025), 85,5% (2026) et 86,7% (2027). Pour Thierry Minko, le FMI devient donc une double bataille : obtenir un cadre qui restaure la crédibilité, tout en évitant qu’un programme trop “austéritaire” n’alimente la tension sociale.

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