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Gabon : un nouvel accord avec le FMI, « peu probable » selon Fitch

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La perspective d’un nouvel accord entre le Gabon et le Fonds monétaire international (FMI) apparaît de plus en plus incertaine. Dans sa récente évaluation, Fitch Ratings juge « peu probable » la conclusion d’un programme à court terme, au regard de la fragilité persistante des finances publiques, d’une crise de liquidité aiguë et d’un niveau d’endettement désormais supérieur à 8 606 milliards de fcfa, soit plus de 80% du PIB en 2025.

Malgré le remboursement ponctuel de 39 milliards de fcfa en décembre 2025 à destination de la Chine et de la Banque africaine de développement, ce geste ne représente qu’environ 0,45% de l’encours total de la dette publique. La dette extérieure seule atteint 4 214,754 milliards de fcfa, répartie entre créanciers bilatéraux, multilatéraux, commerciaux et marchés financiers internationaux. 

Pour Fitch, ces paiements restent insuffisants face à l’ampleur des arriérés accumulés et à l’accès de plus en plus restreint aux financements régionaux et extérieurs. L’agence pointe également la dérive budgétaire observée depuis août 2023, avec un déficit public attendu à 6,1% du PIB en 2025, contre 3,7% en 2024. Faute de ressources nouvelles, l’État devrait continuer à accumuler des arriérés représentant près de 2% du PIB, une pratique incompatible avec les exigences du FMI en matière de discipline budgétaire, de transparence et de soutenabilité de la dette.

Au-delà des chiffres, Fitch met en cause la gouvernance financière, fragilisée par la persistance de détournements de fonds et de pratiques de prédation économique. L’interpellation de Pascal Ogowet Siffon a certes envoyé un signal fort, mais elle n’a pas suffi à dissiper les doutes sur l’ampleur réelle des irrégularités, ni à convaincre les partenaires internationaux d’un changement structurel et durable dans la gestion des deniers publics.

Dans ce contexte, un accord avec le FMI reste conditionné à des réformes profondes : assainissement des finances publiques, arrêt de l’accumulation d’arriérés, maîtrise de la dette et lutte crédible contre la corruption. Sans avancées tangibles sur ces fronts, le Gabon pourrait continuer d’évoluer en marge des appuis financiers concessionnels, au risque de voir sa situation budgétaire et sa crédibilité internationale se détériorer davantage.

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