L’exercice 2025 s’est traduit par une contraction sensible de la performance financière des activités gabonaises de Maurel & Prom, dans un contexte combinant à la fois une baisse des volumes produits et un environnement de prix moins porteur. Selon les chiffres communiqués par le groupe, la production en part M&P sur le permis d’Ezanga s’est établie à 14 662 barils par jour en 2025, contre 15 644 barils par jour en 2024, soit un recul de 6 %. Cette diminution, bien que modérée en apparence, a eu des effets amplifiés sur la valorisation globale des actifs gabonais.
En valeur, la production pétrolière issue du Gabon est passée de 265 milliards fcfa en 2024 à 220 milliards fcfa en 2025, soit une perte de 45 milliards fcfa en un an. Cette évolution résulte d’un double effet négatif classique dans l’industrie pétrolière : la contraction des volumes produits et la baisse du prix moyen du baril. En 2025, celui-ci est estimé à 71 dollars, contre près de 82 dollars l’année précédente. Pour Maurel & Prom, fortement exposé au marché gabonais, cette combinaison a mécaniquement comprimé le chiffre d’affaires local, sans pour autant traduire une dégradation structurelle des performances des champs.
L’analyse des causes révèle en effet un facteur principalement conjoncturel. Le groupe met en avant des contraintes logistiques sur le pipeline d’export, particulièrement marquées en fin d’année 2025. Ces limitations ont réduit les capacités d’évacuation du brut, imposant une baisse temporaire de la production sur les mois de novembre et décembre. Dans un pays comme le Gabon, où la maturité des champs impose une gestion fine des flux et des infrastructures, ce type de contrainte logistique peut rapidement se traduire par des pertes de revenus significatives, indépendamment du potentiel géologique réel.
Les signaux avancés pour 2026 tendent toutefois à confirmer le caractère transitoire de cette contre-performance. Dès janvier 2026, la situation opérationnelle s’est normalisée, avec un potentiel brut estimé à environ 22 000 barils par jour. Ce niveau, nettement supérieur à la production moyenne constatée en 2025, laisse entrevoir un rebond rapide des volumes, sous réserve d’une stabilité durable des infrastructures d’export et de l’absence de nouveaux goulets d’étranglement logistiques.
Sur le plan financier, Maurel & Prom conserve des fondamentaux solides. La trésorerie consolidée du groupe atteint 109 milliards fcfa, offrant une marge de manœuvre suffisante pour financer les investissements, sécuriser les opérations et absorber des chocs ponctuels liés à l’exploitation. Le poids stratégique du Gabon reste par ailleurs déterminant : le pays représente plus de 60 % du chiffre d’affaires consolidé du groupe, estimé à 355 milliards fcfa. Cette concentration souligne à la fois l’importance du Gabon dans la stratégie de Maurel & Prom et la sensibilité du groupe aux aléas opérationnels locaux.
Pour l’État gabonais, cet épisode met en lumière un enjeu structurel majeur. Au-delà de la volatilité des prix internationaux du pétrole, la fiabilité des infrastructures d’évacuation apparaît comme un facteur clé de stabilité des recettes pétrolières. Dans un contexte de champs matures et de marges plus contraintes, toute défaillance logistique se traduit immédiatement par un manque à gagner budgétaire. L’année 2025 rappelle ainsi que la sécurisation et la modernisation des infrastructures pétrolières constituent un levier aussi stratégique que l’optimisation de la production elle-même.











