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Gabon: une marche arrière budgétaire forcée de 875 milliards en 2026

le coup de coeur

Le budget 2026 raboté de 7233 à 6358,2 milliards de fcfa ressemble moins à un exercice de rigueur qu’à un brutal retour à la réalité. Après avoir affiché une ambition budgétaire hors-sol, l’exécutif a dû revoir sa copie sous la pression des chiffres, révélant une incapacité persistante à calibrer correctement ses projections. Cette marche arrière de près de 875 milliards expose surtout une fragilité structurelle : l’incapacité à anticiper les recettes réelles et à maîtriser un appareil administratif dont les coûts croissants étouffent toute marge de manœuvre.

Car le détail du budget raconte une histoire encore plus inquiétante. Alors que le pays prétend engager une trajectoire de rationalisation, les dépenses de fonctionnement, censées être contenues, montent au contraire à 3694,9 milliards de fcfa, au-dessus des 3569 milliards initialement prévus. Une hausse en pleine réduction globale du budget. On coupe dans l’ambition, mais on continue d’alimenter la machine bureaucratique. Le signal est désastreux pour un pays qui répète vouloir réduire les charges de l’État tout en réorientant les ressources vers les secteurs productifs.

Face à cette inertie du fonctionnement, l’exécutif mise sur l’investissement pour redorer son bilan, affichant 2119,2 milliards de fcfa de dépenses d’équipement. Un chiffre impressionnant sur le papier, et inédit dans l’histoire récente du pays. Mais la question que tout observateur sérieux se pose demeure la même : avec quel argent ? Et surtout avec quel niveau d’exécution ? Les années précédentes ont montré une récurrence inquiétante : des crédits d’investissement votés mais rarement exécutés à plus de 60%, faute de capacité administrative, de planification ou de transparence dans les procédures.

Pendant ce temps, les partenaires internationaux jouent les trouble-fête. Le Fonds monétaire international et la Banque africaine de développement anticipent une croissance timide de moins de 3% en 2026, loin des 6,5% brandis par le gouvernement. L’écart est si large qu’il interroge la crédibilité même du cadrage macroéconomique. Soit les institutions internationales se trompent massivement, soit le Gabon entretient une vision exagérément optimiste destinée davantage à rassurer qu’à refléter la réalité.

Au final, ce budget 2026 apparaît comme un compromis forcé : moins ambitieux que les annonces initiales, mais encore trop déconnecté des contraintes du pays. Un budget qui parle haut, dépense large, mais redoute toujours la vérité des chiffres. Si le gouvernement veut convaincre, il devra prouver que ses ambitions ne sont pas seulement alignées sur des discours, mais sur des capacités réelles, exécutables et vérifiables. Sans cette sincérité, ces 6358,2 milliards ne seront qu’une nouvelle promesse budgétaire vouée à s’effondrer face au mur de la réalité.

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