La loi de finances 2026 marque une inflexion budgétaire nette. Initialement projeté à plus de 7 230 milliards de fcfa, le budget de l’État a été révisé à 6 358 milliards de fcfa, soit une coupe de 875 milliards de fcfa. Cette réduction de près de 12 % traduit une volonté assumée de coller davantage aux capacités réelles de financement et d’exécution de l’administration, après plusieurs exercices marqués par des écarts importants entre prévisions et réalisations.
Cette correction vise à contenir la dynamique des dépenses de fonctionnement, longtemps pointées comme rigides. La masse salariale de l’État reste élevée, estimée autour de 2 100 milliards de fcfa, soit près du tiers du budget, tandis que les charges liées à la dette continuent de peser lourdement. Dans ce contexte, le réajustement budgétaire apparaît comme une tentative de limiter les tensions de trésorerie récurrentes observées en cours d’exercice.
Sur le volet investissement, l’État affiche une approche plus sélective. Les crédits sont concentrés sur des projets jugés structurants, notamment les infrastructures routières, scolaires et sanitaires. Mais la réduction globale impose un rythme d’exécution plus prudent, avec le risque de reports ou d’étalements de chantiers déjà engagés.
Cette loi de finances révisée s’inscrit moins dans une logique d’austérité que dans un réalisme budgétaire contraint. L’enjeu central sera désormais la crédibilité de l’exécution : faire mieux avec moins, tout en évitant l’accumulation de nouveaux arriérés qui viendraient fragiliser les équilibres futurs. Au regard des exécutions budgétaires passées, cette réduction apparaît aussi comme une réponse aux limites structurelles de l’État.
En 2023 et 2024, le taux moyen d’exécution des dépenses d’investissement n’a pas dépassé 65 %, tandis que certains ministères affichaient des écarts supérieurs à 200 milliards de fcfa entre crédits votés et crédits effectivement consommés. En ramenant le budget à 6 358 milliards de fcfa, l’exécutif cherche à limiter ces écarts et à restaurer une forme de crédibilité budgétaire. À moyen terme, cette approche pourrait réduire le volume des reports et des arriérés, qui ont alimenté la dette intérieure aujourd’hui estimée à plus de 4 300 milliards de fcfa.











