En conseil des ministres ce jeudi 18 décembre, le président Brice Clotaire Oligui Nguéma a institué une Task-force présidentielle pour superviser le projet minier de Belinga, l’un des plus ambitieux du pays avec près d’un milliard de tonnes de minerai à haute teneur. Cette cellule interministérielle coordonne toutes les étapes, de l’exploitation du gisement aux infrastructures associées. Tout un programme.
Le projet inclut la construction du port de Kobe-Kobe, d’une ligne ferroviaire et de centrales hydroélectriques pour sécuriser l’énergie. L’objectif est ambitieux : générer jusqu’à 20 000 emplois directs et indirects, mais la complexité du montage logistique et financier est immense, même si le montage a déjà le soutien de Fortescue.
La centralisation sous autorité présidentielle montre la volonté de contrôle direct du chef de l’État. Si cette approche peut accélérer la décision et garantir la cohérence du projet, elle pourrait aussi créer des goulots d’étranglement bureaucratiques et limiter l’autonomie des administrations techniques.
La Task-force aura un rôle clé dans la relation avec les investisseurs et le respect des normes environnementales et sociales. Le suivi rigoureux sera indispensable pour éviter les retards ou dérives, alors que l’enjeu économique et stratégique est majeur pour le Gabon.
Belinga pourrait bien transformer durablement l’économie gabonaise, mais le succès de cette opération dépendra autant de la gouvernance et de la transparence que de l’envergure du projet. La Task-force devra prouver qu’elle sait conjuguer contrôle et efficacité opérationnelle.











