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Gabon: Washington, Ankara, stratégie aérienne, pour ses 100 jours Oligui Nguéma affiche une diplomatie tous azimuts

le coup de coeur

À peine cent jours après son accession à la magistrature suprême, Brice Clotaire Oligui Nguéma semble décidé à imprimer une nouvelle cadence aux relations extérieures du Gabon. De Washington à Ankara, en passant par l’Égypte et les Émirats, le chef de l’État multiplie les déplacements et les partenariats dits « stratégiques », dans un souci affiché de diversification des alliances et de repositionnement du pays sur la scène internationale. Sa visite à Ankara, fin juillet, s’inscrit dans cette dynamique volontariste, avec à la clé plusieurs accords de coopération dans les secteurs clés de l’aviation, des mines, de la défense et de l’agro-industrie.

Libreville veut s’émanciper de tutelles traditionnelles

Le déplacement à Ankara n’avait rien d’anodin. Il s’agit d’un signal fort adressé à l’opinion et aux partenaires historiques du Gabon. Libreville veut s’émanciper de certaines tutelles traditionnelles et explorer de nouvelles alliances plus pragmatiques. Recep Tayyip Erdoğan a déroulé le tapis rouge, saluant une vision de coopération « gagnant-gagnant ». En retour, le Gabon ambitionne de tirer profit de l’expertise turque dans le développement des infrastructures, l’aviation civile ou encore la formation technique. Mais derrière les caméras, des questions demeurent sur les contreparties exactes et sur les intérêts à long terme d’une telle inflexion stratégique.

Une visibilité inédite à des filières souvent marginalisées

Depuis quelques semaines, le nouveau régime s’est illustré par une frénésie de forums économiques et de conférences internationales. Agriculture, infrastructures, numérique : tous les secteurs ont eu droit à leur rendez-vous, souvent médiatisé, parfois improvisé. Si ces initiatives donnent une visibilité inédite à des filières souvent marginalisées, leur multiplication pose la question de la coordination, de la priorisation et surtout des retombées concrètes. Pour certains observateurs, cette diplomatie économique tous azimuts ressemble encore à un empilement de promesses sans feuilles de route claires ni outils d’évaluation rigoureux. Ont-ils raison pour autant ? Seule l’histoire le dira.

La relance aérienne comme vitrine du volontarisme

L’un des angles les plus spectaculaires de cette stratégie est sans doute la relance du secteur aérien, avec des annonces fracassantes autour de la nouvelle compagnie nationale Fly Gabon, des accords de formation avec Turkish Airlines, et de la réhabilitation des infrastructures aéroportuaires. Là encore, le symbole est fort. Le Gabon veut désormais voler de ses propres ailes, redonner au pays sa fierté et son autonomie logistique.

Mais au-delà des slogans, les défis restent immenses. Du financement, à la gouvernance, en passant par la maintenance et la rentabilité. La tentation de reconstruire vite pourrait coûter cher si elle n’est pas adossée à une gestion rigoureuse et à une vision industrielle de long terme.

Au final, les 100 premiers jours d’Oligui Nguéma à la tête du Gabon se caractérisent par une hyperactivité internationale inédite. Mais cette offensive tous azimuts soulève aussi une interrogation majeure : cette diplomatie spectaculaire est-elle le prélude d’un redressement structuré, ou un feu d’artifice de début de règne ? La consolidation des accords, leur suivi réel sur le terrain, et leur inscription dans une stratégie de développement maîtrisée seront les véritables indicateurs de réussite. Sans cela, ces gestes forts risquent de n’être que des symboles sans lendemain.

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