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Mairie de Port-Gentil : l’audit qui révèle un système de 507 agents sans existence administrative

le coup de coeur

L’audit interne engagé par la nouvelle équipe municipale de Port-Gentil met en lumière un dysfonctionnement d’une ampleur rare : 507 agents sur environ un millier employés par la commune ne disposent d’aucun dossier administratif. Pourtant, ces agents perçoivent chaque mois un salaire financé par les ressources publiques. Cette découverte, issue d’une note administrative consécutive aux premières investigations, pose une question centrale : comment une telle situation a-t-elle pu s’installer et se maintenir dans le temps sans être détectée ou corrigée ?

Selon les conclusions préliminaires de l’audit, ces 507 agents n’ont ni dossier individuel, ni cadre statutaire clairement défini, ni base réglementaire documentée. Autrement dit, ils n’existent pas sur le plan administratif, alors même qu’ils figurent dans les charges salariales de la mairie. Cette anomalie révèle un défaut structurel de gestion des ressources humaines, qui dépasse le simple désordre administratif pour s’apparenter à une défaillance systémique.

Des rémunérations non conformes aux grilles réglementaires

L’audit souligne également un second problème, d’ordre budgétaire cette fois. Une majorité de ces agents percevraient des rémunérations non conformes aux grilles réglementaires, souvent supérieures aux plafonds prévus par les textes. La situation combine donc deux irrégularités majeures : l’absence de base administrative et des niveaux de rémunération atypiques. Ce double écart, juridique et financier, pèse lourdement sur l’équilibre de la commune.

Les premières estimations font apparaître un chiffre particulièrement préoccupant : près de 90 % du budget municipal serait consacré aux salaires. Une telle proportion laisse très peu de marges pour les dépenses d’investissement, l’entretien des infrastructures, les services publics de proximité ou les projets structurants. Dans ces conditions, la collectivité fonctionne davantage comme un système de distribution de revenus que comme un outil de développement local.

Reconnaissance officielle d’un désordre accumulé

La décision de convoquer les 507 agents devant la Commission administrative paritaire constitue une étape importante. Elle marque la reconnaissance officielle d’un désordre accumulé au fil des années. Toutefois, la procédure s’annonce complexe, puisque les dossiers à examiner sont précisément ceux qui n’existent pas. L’administration devra donc, dans un premier temps, reconstituer les parcours et les situations individuelles, avant toute décision de régularisation ou de retrait.

Au-delà du cas particulier de Port-Gentil, cette affaire met en évidence des problématiques plus larges de gouvernance locale. Dans plusieurs collectivités africaines, la masse salariale absorbe une part disproportionnée des budgets, au détriment de l’investissement public. L’absence de systèmes fiables de gestion des effectifs, combinée à des pratiques d’intégration peu encadrées, favorise l’émergence de situations similaires, souvent tolérées pour des raisons sociales ou politiques.

L’audit interne n’en est qu’à ses premières conclusions

La situation actuelle pose donc un dilemme à la nouvelle équipe municipale. Une régularisation massive alourdirait encore les charges budgétaires, tandis qu’une réduction brutale des effectifs pourrait provoquer des tensions sociales importantes. Entre exigence de conformité administrative, impératif de soutenabilité financière et réalité sociale locale, la marge de manœuvre apparaît étroite.

L’audit interne n’en est qu’à ses premières conclusions, mais il révèle déjà l’ampleur du chantier à venir. Pour la municipalité, l’enjeu dépasse la simple mise en conformité de dossiers individuels. Il s’agit désormais de reconstruire une administration capable de fonctionner selon des règles claires, de maîtriser sa masse salariale et de restaurer la confiance des contribuables. Dans ce dossier, les décisions qui seront prises dans les prochains mois pourraient redéfinir durablement le modèle de gestion de la commune.

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