Classé 22ᵉ sur 25 dans le palmarès des pays miniers africains les plus attractifs en 2026, le Gabon traduit un paradoxe bien identifié par les investisseurs : un potentiel géologique réel, mais un environnement global encore dissuasif. L’étude publiée par Jeune Afrique Business Unit, fondée sur cinq critères clés, réserves, projets dans les métaux critiques, climat des affaires, infrastructures énergétiques et transport, place Libreville loin derrière des pays pourtant comparables en ressources, mais plus lisibles sur le plan institutionnel.
Sur le papier, le Gabon n’est pas dépourvu d’atouts. Avec des réserves significatives en manganèse, fer, or ou uranium, le pays affiche un score géologique honorable (80,2). Mais ce socle minéral ne se traduit que marginalement en projets miniers critiques actifs, critère sur lequel le Gabon plafonne à 0,4, révélant un déficit de transformation du potentiel en investissements concrets. À titre de comparaison, la République démocratique du Congo ou la Zambie compensent parfois un risque politique élevé par une densité de projets et une visibilité accrue pour les opérateurs.
Là où le classement devient plus sévère pour Libreville, c’est sur les critères extra-géologiques : climat des affaires, gouvernance, cadre légal et infrastructures. L’instabilité normative, la lenteur administrative, l’interventionnisme de l’État et l’insuffisance des infrastructures énergétiques et de transport continuent de peser sur l’attractivité du pays. Autrement dit, ce n’est pas le sous-sol qui inquiète les investisseurs, mais bien ce qui se passe au-dessus du sol : sécurité juridique, exécution des contrats, fiscalité et capacité logistique à accompagner des projets lourds.
Ce classement agit ainsi comme un révélateur plus que comme une sanction. Il rappelle que les annonces autour de Belinga ou des métaux stratégiques ne suffisent plus à repositionner le Gabon dans la compétition minière africaine. Tant que l’environnement des affaires restera marqué par l’omniprésence de l’État, l’imprévisibilité réglementaire et des infrastructures insuffisamment compétitives, le pays continuera de sous-performer dans les classements d’attractivité. Un signal clair pour les autorités : le potentiel géologique ne crée de la valeur que s’il est adossé à une gouvernance crédible et à un cadre économique lisible.











