Ce 21 octobre 2025, les ministres en charge du pétrole et du travail, Sosthène Nguema et Patrick Barbera Isaac, ont reçu les représentants de l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) et de l’Union pétrolière gabonaise (UPEGA) pour faire le point sur l’application de la politique de « gabonisation » des emplois dans le secteur des hydrocarbures, la durée des contrats et l’harmonisation des salaires.
Au cœur des échanges, la situation des travailleurs nationaux face aux expatriés. Le ministre du Pétrole a une fois de plus martelé que « ce travail que nous faisons, mon collègue du Travail et moi, c’est effectivement de rendre cette dignité aux Gabonais de ce secteur ». Il a également qualifié de « inacceptable » le recours aux contrats mensuels renouvelables, et annoncé que le gouvernement entendait mettre fin à cette pratique.
L’un des axes prioritaires est l’harmonisation salariale et la réduction des écarts de traitement entre nationaux et expatriés. Les ministres ont rappelé que l’objectif est de faire du secteur pétrolier non seulement un moteur économique mais aussi un modèle social. Par ailleurs, l’ONEP a déjà adressé un ultimatum aux opérateurs du secteur pour obtenir des résultats d’ici fin décembre 2025.

Pour assurer le suivi, une mission d’inspection sera menée en novembre dans la province de l’Ogooué‑Maritime, principal bassin pétrolier du pays. Cette opération visera à vérifier la conformité des entreprises aux normes en matière d’emploi, de contrat et de rémunération. À l’issue de cette opération, un « canevas national de gouvernance pétrolière » sera établi, afin de garantir une régulation plus stricte et équitable.
Reste qu’entre les discours et la mise en œuvre, le chemin reste long. Les travailleurs du secteur attendent que les engagements se traduisent en actes concrets ; pour beaucoup, la « gabonisation » doit passer du stade de slogan à celui de réalité tangible. Pour l’État, c’est une double voire même une triple urgence. Renforcer l’équité sociale dans un secteur stratégique, restaurer la confiance entre employeurs, salariés et autorités mais également revaloriser le local content. Le temps du dialogue semble coupé, place maintenant aux résultats.











