La baisse des cours du pétrole observée en 2025 pèse directement sur les finances publiques gabonaises. En moyenne CEMAC, le baril s’est établi autour de 62,9 dollars, soit un recul de plus de 20 % sur un an. Pour un pays dont les exportations représentent plus de 40 % du PIB, l’impact est immédiat et largement diffus dans l’économie.
Les estimations issues du tableau de bord de l’économie font état d’un manque à gagner potentiel de plus de 1 000 milliards de fcfa sur une année pleine. Cette perte se répercute à la fois sur les recettes budgétaires, la balance courante et la disponibilité de devises, dans un contexte où les marges de manœuvre sont déjà limitées.
L’effet est amplifié par la structure de l’économie. La rente pétrolière alimente non seulement le budget de l’État, mais aussi l’investissement public et, par ricochet, l’activité de nombreux secteurs liés aux travaux publics, aux services et à la logistique. Lorsque les recettes se contractent, l’ajustement se propage rapidement.
Dans ce contexte, la politique budgétaire devient plus restrictive. Les besoins de financement augmentent alors que les possibilités d’arbitrage se réduisent, notamment en raison de la hausse du coût de la dette et d’un accès plus sélectif aux marchés. Les choix opérés dans la loi de finances 2026 s’inscrivent directement dans cette contrainte.
Cette séquence rappelle la sensibilité persistante des équilibres macroéconomiques gabonais aux cycles pétroliers. Tant que la diversification productive progresse lentement, chaque variation du baril continue d’influencer fortement la trajectoire budgétaire et l’activité économique.











