Le futur programme économique (PNCD 2026-2030) que le Gabon s’apprête à négocier avec le FMI repose sur un socle de réformes structurelles sans précédent. L’institution de Washington exige en priorité une « rigidité budgétaire » accrue, passant par une réduction des dépenses de fonctionnement et une optimisation de la collecte des recettes non-pétrolières. L’objectif est de briser le cycle de dépendance aux fluctuations du prix du baril de Brent, dont la volatilité menace constamment l’équilibre des comptes publics.
Un autre pilier central de ce programme est la transparence de la gouvernance. Le FMI salue les efforts récents, mais insiste sur la nécessité de digitaliser l’ensemble des régies financières (Douanes, Impôts, Trésor) pour limiter la corruption et l’évasion fiscale. Cette exigence de « clarté » s’étend également à la gestion des entreprises publiques et des participations de l’État, dont la performance financière doit être rigoureusement auditée et publiée.
Sur le plan social, le FMI encourage la poursuite des réformes engagées par le gouvernement pour apurer les arriérés de pensions et de salaires, tout en recommandant un meilleur ciblage des aides publiques. L’institution souhaite voir le Gabon renforcer ses filets de sécurité sociale pour protéger les populations les plus vulnérables contre les effets potentiellement inflationnistes des réformes structurelles. La réussite du programme dépendra de cette capacité à concilier discipline de fer et paix sociale.
La diversification économique est le mot d’ordre pour la période 2026-2030. Le Fonds attend des mesures concrètes pour améliorer le climat des affaires et attirer les investissements directs étrangers (IDE) dans les secteurs de la transformation locale (bois, mines, agriculture). En s’alignant sur ces exigences, le Gabon espère non seulement stabiliser son économie, mais surtout jeter les bases d’une croissance inclusive, capable de générer des emplois durables pour sa jeunesse.














