La suspension des réseaux sociaux décidée le 17 février 2026 par la Haute autorité de la communication (Hac) et la réduction évidente de la bande passante d’internet au Gabon ne produit pas seulement un effet politique. Elle provoque un choc économique immédiat. Selon l’outil NetBlocks Cost of Shutdown, une perturbation courte de deux heures peut coûter près de 2,9 millions d’euros, soit environ 1,78 milliard de fcfa. Ce montant repose sur des données internationales et donne un ordre de grandeur du manque à gagner pour l’économie nationale.
Plus de 800 milliards de fcfa de perte en quelques semaines
Si l’on prolonge le calcul, la perte atteint plus de 21 milliards de fcfa en une seule journée. En une semaine, elle approche 150 milliards. En un mois, elle dépasse 600 milliards de fcfa. Si la mesure dure deux mois, l’addition franchit 1 200 milliards de fcfa. Même avec une estimation prudente, la barre des 800 milliards de fcfa devient plausible en quelques semaines. La platoforme NetBlocks Cost of Shutdown souligne qu’une perturbation courte de deux heures peut coûter près de 2,9 millions d’euros, soit environ 1,78 milliard de fcfa. Ces montants équivalent à plusieurs grands projets publics.
Plus d’un million d’internautes sur Facebook
Pour rappel, au premier trimestre 2025, le taux de pénétration d’internet au Gabon a atteint 127,89 % selon l’ARCEP, confirmant un niveau de connectivité parmi les plus élevés d’Afrique centrale. L’internet mobile représente 94,65 % des abonnements, avec plus de 2,18 millions de lignes actives. L’usage massif des réseaux 3G et 4G et la multiplication des cartes SIM expliquent ce taux supérieur à 100 %, révélateur d’une économie et d’usages désormais fortement dépendants du numérique. De plus, le réseau social Facebook a enregistré à lui tout seul 1 011 700 comptes actifs en 2025, ce qui représente près de 40% de la population nationale.
Sur le terrain, les effets sont visibles. Une commerçante qui vend ses produits via WhatsApp, Tiktok ou Instagram ne reçoit plus de commandes. Un restaurant qui communique sur Facebook voit sa clientèle chuter. Un jeune créateur qui vend des vêtements sur Instagram perd son principal canal de vente. Un chauffeur qui organise ses courses par messagerie reste sans sollicitation, ne parlons pas des startups qui ont besoin d’optimiser leur budget de communication pour développer leurs applications. Chaque jour d’arrêt réduit les revenus et fragilise les trésoreries.
La suspension des réseaux sociaux freine l’activité
Aussi, la méthode CIPESA montre que la perte ne se limite pas à l’arrêt des plateformes. Elle identifie un effet direct de plus d’un million de dollars et un effet indirect de plus de 300 000 dollars lorsque 30 % des entreprises se retrouvent hors ligne ou avec une connexion presqu’à l’arrêt. Quand une petite entreprise perd ses ventes, elle réduit ses achats. Quand les revenus baissent, la consommation ralentit. L’État collecte moins de TVA et moins d’impôts. Et les VPN n’y changent pas grand-chose puisqu’ils ne permettent pas d’augmenter la vitesse de la connexion.
Dans une économie où le secteur informel occupe une place centrale, les réseaux sociaux sont devenus des outils de travail. Ils servent à vendre, à informer et à coordonner. Leur suspension freine l’activité, pèse sur les recettes publiques et envoie un signal négatif aux investisseurs. Si la mesure se prolonge, le coût ne sera pas seulement financier. Il touchera durablement la croissance et la confiance.
Au-delà des chiffres, la décision de la Haute autorité de la communication pose une question simple. Quel est le prix réel d’un silence numérique imposé à tout un pays, à tout un peuple ? Chaque jour de suspension creuse un déficit invisible dans les comptes des ménages, des entreprises et de l’État. À mesure que les heures passent, l’addition augmente et le risque économique se transforme en réalité budgétaire. Le président de la République et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguéma, soutient-il cette décision insensée de la Hac qui détruit des entreprises gabonaises et envoient des entrepreneurs au chômage par la faute de ses collaborateurs ?













