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Sécurisation foncière : le Gabon lance un « choc de simplification » pour doper la croissance

Le gouvernement gabonais vient de lancer une offensive majeure, ce 26 février 2026 lors du Conseil des ministres, pour lever l’un des principaux freins à l’investissement : l’accès à la propriété. Avec la création d’un Guichet unique foncier et l’ambition de délivrer 50 000 titres en seulement quatre mois, Libreville veut transformer un parcours administratif autrefois labyrinthique en une procédure industrielle. Cette réforme vise à convertir le capital foncier endormi en actifs financiers dynamiques, capables de servir de levier au secteur du bâtiment et des travaux publics.

En industrialisant la délivrance des documents officiels, l’exécutif entend briser les circuits d’informalité et les délais prohibitifs qui décourageaient les promoteurs immobiliers. Pour le secteur bancaire, cette généralisation des titres de propriété est une aubaine : elle fournit les garanties hypothécaires (collatéraux) nécessaires pour débloquer les vannes du crédit. Cette mutation est perçue comme un catalyseur essentiel pour booster l’accession à la propriété et, par extension, la consommation des ménages.

Sur le plan macroéconomique, les retombées attendues dépassent le cadre de l’immobilier. En dotant les parcelles d’une existence juridique claire, l’État élargit mécaniquement l’assiette de la fiscalité locale. Ce renforcement des ressources propres des municipalités doit permettre de financer les infrastructures de proximité sans peser sur le budget central. C’est une stratégie de « bancarisation du territoire » qui prépare le Gabon aux défis de l’urbanisation galopante.

Toutefois, le pari est audacieux sur le plan technique. Produire plus de 12 000 titres fonciers par mois exige une révolution numérique au sein de l’administration et une synchronisation parfaite entre le Cadastre et la Conservation Foncière. Le succès de cette réforme sera le juge de paix de la capacité du CTRI à moderniser l’appareil d’État et à passer d’une gestion patrimoniale de la terre à une gestion économique et transparente.

À terme, cette réforme pourrait replacer le Gabon dans le peloton de tête des pays réformateurs en Afrique. La sécurité juridique de la terre est le socle indispensable pour toute implantation industrielle d’envergure, notamment dans les zones économiques spéciales. Si la célérité promise est au rendez-vous, le pays transformera une faiblesse structurelle en un avantage compétitif majeur, attirant des investisseurs en quête de stabilité et de visibilité foncière.

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