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SOS Éducation : la multiplication des factions complique toute sortie de crise

le coup de coeur

À mesure que la grève s’installe, le mouvement SOS Éducation apparaît de plus en plus fragmenté. Ce qui avait émergé comme une plateforme de fédération des colères enseignantes s’est progressivement scindé en plusieurs courants, aux stratégies et aux priorités parfois divergentes. Cette fragmentation complique considérablement toute tentative de sortie de crise durable.

D’un côté, une frange dite modérée, qui a récemment annoncé la suspension du mouvement après les engagements pris par le gouvernement. De l’autre, une base plus radicale, qui rejette toute sortie partielle et exige la résolution préalable des situations administratives avant toute reprise des cours. Entre les deux, des enseignants oscillent, tiraillés entre lassitude sociale et méfiance envers les compromis.

Cette division est en partie le produit de l’histoire du dialogue social dans l’éducation. Les sorties de crise antérieures, souvent négociées par des représentants contestés, ont laissé des traces profondes. Pour une partie de la base, la fragmentation actuelle n’est pas un accident, mais une réaction défensive contre la confiscation supposée de la parole collective.

Pour l’État, cette situation brouille les canaux de négociation. Identifier un interlocuteur légitime devient un exercice délicat, d’autant plus que les décisions continuent d’être prises en assemblées générales, sans hiérarchie formelle. Le pouvoir se retrouve ainsi face à un mouvement horizontal, difficile à contenir par les méthodes traditionnelles.

Au final, la multiplication des factions ne signe pas l’affaiblissement du mouvement, mais plutôt sa radicalisation organisationnelle. Tant que la question de la représentativité ne sera pas clarifiée, toute annonce de fin de grève risque d’être contredite par le terrain.

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