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Budgets fantômes : des programmes entiers exécutés à 0% malgré des besoins urgents

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C’est ce qui ressort du dernier rapport de la Cour des Comptes. Au sein du budget de l’État, certaines lignes de crédit ressemblent à des coquilles vides : votées, annoncées, mais jamais exécutées. En 2024, plusieurs programmes prioritaires affichent un taux d’exécution alarmant de 0%, notamment ceux dédiés à l’eau potable, à l’électricité ou encore aux titres d’identité. Pour les acteurs du terrain, c’est l’incompréhension totale : comment expliquer que des missions aussi essentielles à la vie quotidienne des citoyens puissent rester paralysées sur une année entière alors que les besoins deviennent chaque mois plus pressants ?

Un problème structurel plus profond

En toile de fond de ces crédits figés se dessine un problème structurel plus profond : une administration incapable de transformer les autorisations budgétaires en dépenses effectives. Selon les données analysées, certaines rubriques dotées pourtant de plusieurs milliards n’ont pas enregistré le moindre décaissement. Dans le cas des programmes liés à la modernisation de l’état civil, par exemple, des enveloppes prévues pour la délivrance massive de cartes d’identité sont restées totalement inexploitée, laissant les usagers dans les mêmes difficultés administratives qu’auparavant.

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Ce blocage n’est pas seulement financier, il est aussi organisationnel. Les retards dans la passation de marchés, la lenteur des validations techniques ou encore l’absence de planification opérationnelle transforment ces crédits en “budgets fantômes”. Pendant que certaines missions s’endormissent, d’autres, à l’inverse, explosent littéralement, parfois à plus de 150 % de leur enveloppe initiale. Ce déséquilibre révèle un pilotage qui peine à hiérarchiser les urgences nationales et à maintenir une discipline d’exécution cohérente entre les différents ministères.

Des crédits non déployés

L’impact sur le quotidien des Gabonais est tangible. Dans certaines villes de l’intérieur, les investissements promis pour améliorer l’accès à l’eau ou renforcer les réseaux électriques n’ont jamais été engagés. Les projets destinés à réduire les ruptures d’approvisionnement ou à moderniser les installations vieillissantes restent bloqués dans les documents budgétaires. Les citoyens et les collectivités locales, eux, continuent d’attendre des financements qui, pourtant, existent sur le papier mais demeurent inaccessibles dans la pratique.

Cette situation pose une question centrale : à quoi sert de voter des crédits si une partie significative ne sera jamais déployée ? Pour de nombreux observateurs, il devient urgent de revoir l’ensemble de la chaîne d’exécution, depuis la programmation jusqu’au suivi, afin de garantir que les fonds publics servent réellement à financer les missions prévues. Sans une réforme de fond, ces “budgets fantômes” continueront d’alimenter un sentiment d’inefficacité et de déconnexion entre les promesses institutionnelles et la réalité vécue par les populations.

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