Le gouvernement avait donné un signal d’apaisement. Sur les 144 à 148 enseignants sortants école annoncés pour une mise en solde en février 2026, seuls 20 percevront finalement leur salaire ce mois-ci. Les 148 restants basculeraient en mars. Un simple “ajustement technique”, selon la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong. Mais dans un climat social déjà sous tension, l’écart entre la promesse et l’exécution sonne comme un premier couac lourd de sens.
Le chronogramme initial était pourtant présenté comme ferme, annonçant régularisation massive en février, reliquat en mars. Ce calendrier devait servir de levier pour désamorcer la grève portée par la plateforme SOS Éducation et sécuriser la reprise des cours. En inversant les chiffres, 20 en février, 148 en mars, l’exécutif modifie substantiellement l’engagement pris. Techniquement défendable, politiquement risqué.
L’argument des “soucis techniques” et du “temps matériel insuffisant” pose une question de gouvernance administrative. Comment un processus de mise en solde concernant à peine 148 agents peut-il se heurter à un blocage de dernière minute, alors même qu’il avait été annoncé publiquement ? Ce décalage interroge la capacité d’anticipation et la fiabilité des engagements gouvernementaux, surtout dans un secteur aussi sensible que l’éducation.
Au-delà des chiffres, c’est la crédibilité de la parole publique qui est en jeu. De nombreux enseignants avaient suspendu leur mouvement, misant sur le respect des engagements. Ce revirement, même temporaire, installe un doute. Premier accroc d’un processus de sortie de crise encore fragile, cet épisode pourrait peser lourd si mars ne confirme pas, cette fois sans détour, la mise en solde effective des 148 enseignants annoncés.













