Le scandale SATRAM-EGCA est aussi le procès d’un système judiciaire en faillite. Depuis 2017 jusqu’en 2026, le Tribunal de Première Instance de Port-Gentil est accusé d’avoir fait preuve d’une « inertie » coupable. Pour les travailleurs, ce tribunal a failli à sa mission, laissant les plus faibles sans protection alors que la dette salariale explosait de 400% sous ses yeux. Pendant que la justice multipliait les reports, la valeur des équipements se dépréciait de 15% chaque année par manque d’entretien et de saisies conservatoires.
L’appel à un « audit approfondi » par le Conseil Supérieur de la Magistrature est une demande sans précédent qui souligne l’ampleur du malaise. Les plaignants dénoncent un « problème de fonctionnement et d’application du droit » sur une période de 9 ans, suggérant que des intérêts privés ont pu peser sur la balance de la justice. Comment expliquer qu’un groupe en cessation de paiement manifeste ait pu conserver sa gestion si longtemps sans être inquiété par les juges commissaires ?
La décision de la CCJA du 26 juin 2025, prononçant la liquidation, aurait dû entraîner le dessaisissement immédiat de Tarik Jahkouk et de Nzue Ollivier Constant. Pourtant, le tribunal local semble traîner les pieds pour désigner les « organes de la liquidation » (Liquidateur, Juge Commissaire). Cette lenteur administrative est perçue par les employés comme une ultime « manœuvre judiciaire » visant à laisser le temps aux dirigeants actuels de parachever le dépeçage des actifs encore mobilisables.
Les syndics judiciaires et juges commissaires successifs sont nommément accusés d’avoir « tous failli à leur tâche de redressement ». L’échec est total, et le sentiment que « la justice protège les plus forts » est devenu une certitude pour les 800 familles impactées. Le dossier réclame désormais le « meilleur liquidateur » possible, une personnalité capable de résister aux pressions locales pour conduire « sincèrement cette liquidation » et garantir que les salaires soient enfin payés en priorité absolue.
Ce volet judiciaire est le véritable verrou de toute l’affaire. Tant que le Tribunal de Port-Gentil ne sera pas audité ou dessaisi de son influence passée sur ce dossier, la vérité sur les flux financiers ne pourra éclater totalement. Le procès de SATRAM est indissociable de celui d’une certaine pratique de la magistrature qui a préféré les procédures interminables au droit fondamental des travailleurs de percevoir le fruit de leur labeur.














