Participation citoyenne : pourquoi le Gabon veut instaurer un vote obligatoire ?

Déjà évoquée lors du dialogue national d’Angondjé, l’idée d’instaurer un vote obligatoire au Gabon a été reprise par le président Brice Clotaire Oligui Nguéma dans son discours devant le Parlement, le mois dernier. Depuis, la proposition a fait son chemin, suscitant l’adhésion chez certains et des craintes d’autoritarisme chez d’autres. Une dernière hypothèse que le porte-parole de la présidence, Théophane Nzame Biyoghe, s’est employé à écarter lors de son dernier point presse, y voyant au contraire « un instrument de participation et de responsabilité collective ».

« Cette idée s’inscrit dans une suite logique. Depuis la prise en main du pays par le président de la République, un mot-clé revient constamment dans les questions politiques : la participation. La participation à travers l’organisation du dialogue national inclusif. La participation, ensuite, lors de l’adoption de notre nouvelle loi fondamentale, validée par voie référendaire (…) L’enjeu est de renforcer l’implication des citoyens dans la définition de l’avenir du pays », a-t-il déclaré.

Avant d’ajouter que cette réforme s’inscrivait également dans une volonté de « mettre fin au désordre politique » : « Nous comptions auparavant 104 formations politiques, dont la majorité étaient absentes du terrain et des joutes électorales. Il fallait donc clarifier et ordonner la vie politique pour que les Gabonais puissent mieux comprendre le jeu démocratique. Mais une fois cette clarté établie, il est essentiel que chacun s’impose de choisir. On peut avoir toutes les opinions sur la gestion du pays, mais encore faut-il se donner la possibilité de trancher. Le président de la République souhaite que tous les citoyens se sentent concernés par l’avenir du Gabon. Et parce que nous sommes tous concernés, nous devons tous participer au choix. Il n’y a donc aucune dérive autoritaire », a-t-il conclu sur le sujet. Non sans rappeler que cette pratique est en vigueur dans plusieurs pays à travers le monde, dont des démocraties établies comme l’Australie, la Belgique ou encore le Luxembourg.

Pour les défenseurs de cette idée, l’abstention a longtemps constitué le principal marqueur des consultations électorales au Gabon, et un point noir de la participation citoyenne. Le vote obligatoire permettrait, selon eux, de renforcer la légitimité des institutions, d’améliorer la représentativité des élus et de consolider la culture démocratique. Mais entre l’évocation de cette réforme et sa traduction juridique, le chemin reste entier.

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