Depuis le 1er mai 2026, le Gabon bénéficie d’un accès à zéro droit de douane au marché chinois dans le cadre du régime étendu par Pékin aux 53 pays africains avec lesquels il entretient des relations diplomatiques. Pour le Gabon, qui ne figurait pas parmi les pays les moins avancés bénéficiant du régime préférentiel chinois, il s’agit d’un changement effectif de traitement commercial : le ministère chinois du Commerce le classe parmi les 20 pays africains supplémentaires auxquels le dispositif a été étendu pour deux ans.
Trois mois après son entrée en vigueur, les statistiques agrégées ne montrent cependant pas encore une accélération des ventes gabonaises. Sur janvier-juillet 2026, les importations chinoises en provenance du Gabon atteignent 1,818 milliard de dollars, en recul de 9,2 % sur un an. Cette baisse ne permet pas de conclure à un effet négatif du zéro tarif : le dispositif n’est entré en vigueur qu’en mai, tandis que la variation de 9,2 % porte sur sept mois, dont quatre antérieurs ou seulement partiellement concernés par le nouveau régime.
La mesure supprime néanmoins un obstacle à l’entrée sur le marché chinois. Pékin indique que les produits concernés peuvent bénéficier du zéro droit dès lors qu’ils satisfont notamment aux règles d’origine et aux exigences sanitaires et phytosanitaires applicables. Pour l’exécutif, l’enjeu dépasse donc le niveau du tarif douanier : le ministère gabonais des Affaires étrangères a lui-même identifié comme objectif le développement des exportations de produits agroalimentaires et de bois à plus forte valeur ajoutée.
Le point de départ reste celui d’une relation commerciale fortement dominée par quelques ressources. Au premier semestre, les 1,62 milliard de dollars de ventes gabonaises à la Chine étaient principalement alimentés par le pétrole brut, le manganèse et le bois. La Chine absorbe par ailleurs environ 33 % des exportations totales du Gabon, selon les autorités gabonaises. Le zéro tarif ouvre donc davantage le marché chinois, mais ne modifie pas mécaniquement la composition de ce que le Gabon est en mesure d’y vendre.
Les prochains mois permettront surtout de distinguer l’effet tarifaire de l’évolution des matières premières déjà exportées. Pour l’instant, les chiffres établissent deux faits : le Gabon dispose depuis le 1er mai d’un accès sans droits de douane au marché chinois, et ses ventes cumulées à Pékin sur janvier-juillet sont parallèlement en recul de 9,2 % sur un an. Aucun lien de causalité ne peut être établi entre ces deux données. Le véritable indicateur à suivre sera l’évolution, après mai, des volumes et surtout de la composition des exportations gabonaises vers la Chine.













