Gabon : après des années d’attente, l’École des Métiers du Bois de Booué doit enfin sortir de l’impasse

Au milieu des inaugurations de Makokou, Brice Clotaire Oligui Nguema a glissé une annonce qui concerne directement la politique de transformation locale du bois. « Je n’oublie pas de reprendre les travaux de l’École des Métiers du Bois de Bouée », a déclaré le président. Derrière cette infrastructure scolaire se trouve un enjeu économique plus vaste : former localement les compétences dont une industrie forestière transformée au Gabon a besoin.

Le choix de l’Ogooué-Ivindo est cohérent avec cette ambition. La province dispose d’importantes ressources forestières et la filière bois constitue l’une des activités susceptibles de créer davantage de valeur ajoutée hors de Libreville. Une école spécialisée peut contribuer à former menuisiers, techniciens, opérateurs de machines et autres compétences nécessaires à la transformation industrielle, à condition que ses formations correspondent effectivement aux besoins des entreprises.

L’enjeu dépasse donc la reprise physique d’un chantier. Une école des métiers n’a d’utilité économique que si ses équipements techniques sont opérationnels, ses enseignants disponibles et ses diplômés employables. Sa réussite devrait ainsi être évaluée à travers le nombre d’apprenants formés, leur taux d’insertion et les partenariats développés avec les entreprises de la filière.

Le projet intervient alors que le gouvernement cherche parallèlement à relancer la filière forêt-bois. La Présidence faisait encore état en août d’orientations données par le chef de l’État pour sa relance et du règlement de 20 milliards de fcfa de dette liée au secteur.  La formation professionnelle peut devenir l’un des compléments de cette stratégie : transformer davantage de bois localement exige aussi de disposer des qualifications permettant cette transformation.

La reprise annoncée devra cependant être accompagnée d’informations qui manquent encore : coût total du projet, taux d’exécution, calendrier d’achèvement, capacité d’accueil et filières enseignées. Sans ces éléments, impossible de mesurer l’écart entre l’ambition industrielle et les moyens réellement engagés. Après le chantier, le véritable indicateur sera simple : combien de jeunes formés à Booué trouveront effectivement un emploi dans l’économie du bois ?

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